Overblog Suivre ce blog
Editer la page Administration Créer mon blog

MUSIQUE... Ce soir là à Rigendorf...

 

Tentative d’analyse sociologique de phénomènes spirituels liés aux musiques du «Hard rock»

 

 

                                                                                La Musique


Quelle soit décibellique ou en sourdine, en conscience / inconscience d’âme, de boîtes plus ou moins grosses en dancings élaborés si sophistiqués en tout petit, de symphonies en simples séquences rythmiques ; que d’opus, de requiems, de cantates et de marches militaires elle reflète. Inégalement au travers du temps, les strates non seulement sociologiques y sont transcrites mais elle mets aussi en relief les structures du pouvoir qui en utilisent l’émission/diffusion et la gratitude des foules qui le lui rend amplement par les phénomènes de mode et l’idolâtrie. 

Allant même jusqu’au suicide, la musique s’intègre surtout autour d’une charpente commerciale qui métallise le fatum (destin) dans de tristes chromes. Surévaluée publicitairement, la musique ressemble sous de nombreux aspects à de la purée de pois opaque, un papier hygiénique que tout le monde aurait utilisé, un bouchon pour tympans qui ne sert plus à rien, un défouloir où les gens crient ou ne parlent plus, soit transpirent de tous leurs pores ou simplement du cerveau, gesticules ou se crispent, l’écoutent ou la jouent toujours un peu dans le même état d’âme ce qui est sommes toutes assez remarquable ; la musique ne cesse d’interroger les psychologues, les pédagogues et les intellectuels. Aussitôt sortie du giron des conventionalités elle blesse le cortex ou le nourri sans jamais rien devoir à personne si ce n’est aux divinités qui l’inspirent. Porteuse des mélancolies les plus sournoises, de messages où tout y passe (ex-voto, satanisme, futurologie, moyen-âgisme, doping cardiaque...), la musique s’inscrit véritablement dans l’œuvre du temps et des civilisations qu’elle porte ou détruit en elle. Mais là où sa trace subsiste de la façon la plus prégnante consiste en sa capacité d’opérer ou non une jonction historique entre la société et l’inconscient collectif pour constituer, peut-être là, une des clés qui permettrait d’ouvrir ce si litigieux problème des conflits trans-générationnels que l’ont s’avouent plus ou moins et qu’on décrypte avec plus ou moins de difficultés.

Saisir son expression, même la plus brutale, est d’autant plus informatif qu’elle outrepasse l’impossible pour mieux faire retomber sur leurs pieds des générations qui s’arrachent du réel, qui se vomissent ou s’extasient d’eux-mêmes ou, tout simplement, qui luttent contre le sommeil pendant que leur nuit dure deux jours. Que la musique agace pourrait éveiller des sombres destinées artistiques à un profond ennui où le message fondamental se mettrait au goût du jour d’une fin des temps promise, en phase de réalisation. Peercing...tatouages...nouvelles corporations corporelles arrosées de parfum par barils remarqués donc ratés, végétariens parce que trop alcoolisés ou drogués à des modes de vie inadaptés ou différentiels, ce petit plus qui les rendent si charmants ; dans l’équilibre, ils sortent des portes de leur lycée pour vivre le grand «show-bizz» si la chance le leur permet et ils auraient tors de s’en priver lorsqu’on a présent à l’esprit tout le symbole de liberté que l’artiste peut et doit revendiquer. Ceux des planches vieilliront de leur art pendant qu’une partie de leur auditoire continuera, même s’il n’en reste qu’une poignée, à se brûler les yeux sur leurs idoles devenues presque des icônes. Musique quand même puisque devenue drogue comme tout gagne pain et la répétition incessante que cela suppose pour toute fonction, elle est un besoin nécessaire et vital pour l’humanité qui a du la chasser à de sombres époques que pour mieux l’apprécier ou la vendre sans doute. L’état mental de la jeunesse gicle au monde ses angoisses, ses peurs, ses espoirs par d’étonnants affinages sans pour autant forcément sombrer dans une totale folie car, si celle-ci est souvent passagère, elle ne représente qu’une période qui marque à chacune de ses empreintes l’état du monde dans lequel elle se joue. Qu’ils jouent, qu’ils dansent, qu’ils chantent, tant que nous ne mourrons pas, ils ont le pouvoir d’éclairer, de révéler à leur manière, le profond sentiment de ce que nous sommes en train de vivre, avec la sincérité absolue qui caractérisent leur poésie. Et si vous n’en voulez toujours pas, de la musique, on vous l’injectera de force au supermarché, dans des salles d’attente, entre le bruit des moteurs et les claques des marteaux piqueurs sur l’asphalte. Même le vent deviendra, au risque des injustices terriblement diffusées, une drôle de musique selon les mélodies en sous-sol qu’on ne voudra pas faire écouter à tout le monde. Dans le désert ou sur des comptes en banque qui ne seront plus approvisionnés, les prières qui chercheront à les restaurer risqueraient bien de faire tourner la Terre à l’envers alors que, perdus dans la religion du cosmos, tous cherchent encore à expliquer ce qui ne peut l’être.

Pour mieux le chasser

Le louent pour mieux l’écarter

L’imitent pour le dénoncer

Reflet d’une oppression

«Ceux qui chantent le diable»

«Ce qui chante le diable»

Erasme, les armées

les curés

le Clergé

la guerre, incarnation suprême du mal-diable.

Antithèse biblique,genèse de l’humanisme.La «musique métal» à travers ses items,

ses formes de spiritualité et le mal,

ses apocalyptiques peurs nous révèlent les

marques d’un militantisme noir.

Lorsqu’on énonce l’appellation «adorateurs du diable» notre corps se met à frémir et notre sang boue alors que les groupes concernés n’ont rien à faire de ce mal endémique qui ronge l’esprit de nos civilisations si ce n’est l’attrait d’en rire un bon coup, normalement. Ils en parlent, en font une espèce de folklore de distraction sans secrets puisqu’ils en donnent des prestations scéniques devant un public large qui perdure. La vague métalloïde avec sa horde de forgerons métaphysiques en décibels, plutôt que d’envoûter, se questionne bien plus sur le sens du Dieu, du Goth, du Démiurge en le saisissant dans ses archaïsmes spirituels pour l’immoler à ciel ouvert en plein jour. Dans nos peurs métaphysiques ils voient des ennemis, des guerres de corbeaux, de fin des temps qui arrive, de Jugement dernier auquel on n’échappera pas. Ils sont les enfants de la Nuit qui prient bien plus fort que les pleureuses et les piliers des bénitiers que les civilisations dites chrétiennes ont jusqu'à présent portés en elles.

Nous allons commencer par explorer que l’exclusivité du Bien n’appartient pas à une chapelle et que le personnel nommé du bien n’en garanti pas l’application. Un album du groupe Fraeternia, Warchants and Fairytales nous y conduit. Le médaillon commence dans des sonorités drues, grasses et lourdes dans un style gothique aux accents les plus mélodiques, paroles :

 

Born into a world of war

Taught to survive

Quelques chansons plus loin,

In this land blood will flow.

 

Ils n’invoquent pas, comme le prétendraient les préjugés populaires en vigueur dans les ornements culturels qui gravitent autour des discours officiels le sang, rapportés à des adorateurs sataniques, mais dénoncent bien plus majestueusement les guerres. Ce que nous vivons dans ce qu’il est convenu d’appeler depuis la fameuse et ô combien horrible journée du 11 septembre 2001, un état quasi permanent. Leur guerre de défense pouvant basculer, et nous le constatons de jour en jour d’une manière plus intensive, dans l’offensive à tout moment. Dans des guerres d’esprits ou de fantômes, ils voient s’affronter les pouvoirs politiques dans leurs rivalités fractionnelles, the legions of darkness have come to our land. Ils se sentent défendus par des  dragons, des rois corbeaux, pas loin d’une mythologie de la terreur, d’un univers de Tolkien où celui qui veut lire le bien lira le bien et celui qui y lit le mal lira le mal. Pertinents et méticuleux dans leurs jeux de guitare - comme si c’était là leur seul et unique outil - ils me feraient presque penser aux druides d’antan se prenant pilums dans le sternum alors qu’ils croyaient se défendre en tapant sur le sol leur gourdin les yeux levés au ciel invoquant celui-ci de venir s’effondrer sur les assaillants pour compenser leur manque d’armement. On leur reprocherait presque un certain manque de combativité !

J’ai toujours ressenti une profonde énergie libératrice à écouter ce genre de groupes qui se «foutent» fondamentalement des préjugés pour la presse à scandale et les bonnes œuvres qui, eux évidemment, s’y connaissent mieux que personne en matière de prières et se heurtent quand même aux autres formes de recueillement qu’elles n’ont toujours daigner considérer que comme de l’obscurantisme... En remerciement l’un des membres du groupe calligraphie «devildyrkers» du «kitt-elf-jäll 2000 crew», je suppose qu’il ne s’agit pas de compagnie pétrolière mais bien des elfes d’un pays qui combattent le diable d’où viennent ces poètes modernes alimentés par les mêmes peurs couvées sous des envolées de solos à pleins watts tout comme peuvent aussi trembler et avoir peur les fidèles qui vont aux églises, car dans les deux cas le public se déplace pour trouver une sorte de réconfort. Si le reste n’a plus de sens, ils font tous partie des mêmes processus d’invocation célestes et d’appels aux divinités sous forme de recueillement pour faire partie d’une prière en général et répondre à une sainte demande ; démarche poétisée par le groupe Persuader :


Man, human, filth, noble, strong, weak, alone

Now they all gather in the four twilight zones

Coming from the north, the east, south and west

Now they’re praying to god, please save me, not the rest.


Très rapidement on se rend compte que les assimilations «hard-rock»/diable n’ont aucun sens si ce n’est pour satisfaire un pouvoir intégriste chargé d’éliminer ces phénomènes qui sortent des sentiers battus. Les pouvoirs totalitaires sont experts en la matière et nous verrons plus loin de quelle manière ils parviennent à infiltrer les noyaux pour que soit jetée la suspicion et montrer du doigt des formes de confédérations culturelles desquelles ils estiment n’avoir rien à apprendre ou qui serviront de support à l’étalement d’autres idéologies qui les contreraient véhiculées par une poignée de groupuscules qu’ils dépêchent pour venir saboter plus qu’un courant musical. Pensant trouver une épicerie à recettes de magie noire, ils ne rencontrent que brut de musique chez les seuls capables de garantir une magie blanche dénuée de pouvoirs qu’on peut combattre par extrémisme ou louer en tant qu’adepte de la paix, eux qui jamais n’utiliseront de «spirite» contre quelqu’un puisqu’ils sont en recherche perpétuelle du «spirite» en question.

Pendant ce temps la magie noire opère par le dessus, se trouvant in-situ des institutions et qu’elle doit obligatoirement se doter d’une certaine efficacité aux yeux des vraies sectes qui prêchent de graves dangers à ceux qui commettraient des distorsions par rapport aux écritures comme si le type qu’avait écrit la bible voulait obliger tout le monde à vivre selon l’écrit. Certes, des malheurs se sont produits au cours d’existences lâchées dans le monde cupide des affaires et du marchandage des vies humaines mais on n’est jamais parvenu à recenser les milices paramilitaires des églises - il en existe, hélas, même en France - préformées sur le caractère de la personne qu’ils se chargent de menacer, histoire de faire le ciel à la place des autres, larguées là par l’activisme politique vite blanchi qui prépare le terrain en préambule à la réalisation de quelque chose de nouveau et définitivement cacher le danger menaçant qu’ils représentent. On appelle cela des harcèlements difficilement démontrables puiqu’ils sont surprotégés et proviennent, pour la plupart des cas que la presse parvient avec hardiesse à dévoiler, de ce révulsant parti politique français qu’est le Front National qui a plus d’un tour dans son sac, même celui de la modération à ce qu’il prétend, alors qu’il a déjà fait tant de mal à de si bons Français, réellement. Quand on voit sa jeunesse en brigades idéologiser sur l’avenir du pays et développer l’insécurité dans ses débats, on frissonne mais quand elle se met à écouter de la musique, notre sang n’a plus qu’à geler et notre cerveau, plus qu’à se diluer dans le sang...et cela arrive probablement plus qu’une fois l’an pour l’anniversaire, dans un charmant village, petit mais proche de la frontière entre deux pays qui pose encore des problèmes d’entente municipale. Enfin, là-bas, ils pourront toujours dire qu’ils vivent d’une drôle de manière avec des idées vraiment tordues hypertendues vers l’autoritarisme absolu et l’élimination/abstraction de ce qui ne leur convient pas. Un être faible meurt et personne ne vérifie si dans le voisinage il n’y avait pas une écuelle sur laquelle reposait des cheveux, des ongles ou des rognures de pieds de la victime. Une sorte de pot à malice où de sombres maléfices se jouent dont il n’y a que le ridicule qui peut nous préserver parce qu’ils y en a qui se croient plus près des dons du ciel. Alors pour le prouver, il faut bien qu’ils mettent en pratique sur le dos de faibles démunis face à de telles pratiques dont on ne sait plus vraiment si elles sont l’apanage des clochers ou des sorts de vieilles «sorceleuses», des harcèlements multifonctions destinés à asseoir la suprématie de leur origine. Certaines pratiques vaudous africaines peuvent même donner le cancer ! Mais bon, normalement nous sommes suffisamment costauds, médicalement et psychologiquement pour résister à cette faible magicologie ; c’est quand ils s’y mettent à plusieurs que l’individu va se sentir de plus en plus affaibli et commencera à perdre sérieusement les pédales. Licenciements, couples désunis, gens à la rue, enfants vendus ne sont pas les résultats de nos prières mais comme nombreux sont ceux qui prient à l’envers il n’est pas étonnant d’en voire autant exprimer la franche volonté d’éliminer, de mettre à l’écart, les portions inutiles à la productivité qui pourraient devenir même nuisibles à la population, à certains endroits et ceci d’autant plus qu’ils écoutent du hard rock alors ils envoient une sorte de milice pour faire DJ. Avec et pour des prières prétendues vraies, le chemin à suivre jusqu’aux guerres et dans les bains de sang des religions à double visage ; ils tueraient même à distance si ils le pouvaient pour laisser moins de traces à leurs crimes pour se constituer ainsi en irréprochables représentants de l’ordre, de l’honneur, de la morale, de la sécurité avec de louches obligations et redevances à la clé.


We gather our forces, protecting our land

The demon is calling, your blood it demands

Raise your hands...

(Persuader, Fredrik Hedström, Heart and steel)


Texte à prendre avec du recul par rapport aux angoisses que susciteraient les démons évoqués qui demandent le sang et contre lesquels il n’y a qu’une seule chose à faire, celle de joindre ses mains. On protège notre terre, le démon appelle, il veut ton sang parce que ce démon c’est le mal social, l’inégalité, la tuerie, le chaos, les tabassants, les milices paramilitaires de l’extrême-droite jusque sous les képis des garants de la paix civile (!). Dans les prières institutionnelles, ils prient indirectement le sang qui assoiffe le démon ; le démon appelle le sang que le pouvoir lui donne pour se protéger des menaces proférées par l’expression de forces patriotiques transformées en protection obligée qui ressemblent à des demandeurs de sang...

 

Run away

Together at heart, but weak in spirits

Formation facing, whats left behind

Taking turns in surrendering

To  the faceless world

Turn out the light.

(Persuader, Pekka Kiviaho)


Contrairement au dévolu des insultes démoniaques qui s’abat sur ces groupes, il semblerait quand même qu’un certain aspect divinatoire transcrit une poésie toute en ébullition, pleine de transes, de catharsis en phase d’éclosion au sens philosophique et psychanalytique de ces monstres «sauvages et pleins de bière» qui rotent par haine, sous les fûts, un monde qui se déglingue. Ils ne sont pas fous ou dangereux puisqu’ils ne tuent pas mais se tuent à la place de ceux qui oppressent en bonne connaissance de cause. Ils ne sont ni violents ni morts et survivent à travers leur culture, en marge toujours. Comble de votre tranquillité, ils vont même plus loin et préféreraient se tuer. «Run away» n’est pas chanté pour rien par le groupe Persuader qui pourtant a cela de persuasif, au moment où j’écris ces lignes (26. 03. 03) j’apprends que des jeunes ont été enfermés au Maroc pare qu’ils écoutaient du Hard-Rock. Je me souviens d’un époque où ma mère me racontait comment «ils» cherchaient les gêneurs dans son enfance, son propre père ayant faillit y passer. Le prétexte fait le mandat et nourrit la preuve, cela ressemble étrangement aux nouvelles lois qui concernent l’intervention du judiciaire et les comparutions immédiates envisagées pour aller plus vite. Au Maroc, la musique qui dérange mérite la prison, même si elle n’est qu’un terrain d’expériences, un laboratoire social à institutions politiques qui battent de l’aile, cette mise en camisole peut faire frémir mais il n’est pas nouveau qu’on enferme facilement les contestataires, chaque pouvoir à ses parias qui le menacent et contre lesquels il doit se prémunir, cela «fait des lustres», ne date pas d’hier, est le fil conducteur du fascisme en réseaux qui marchent militaire, flambeaux, étendards patriotiques et tous ces vieux trucs qu’on ne connaît déjà que trop et qu’il faut quand même écouter malgré les pires efforts prodigués pour s’en protéger les écoutilles. Quel exploit cette France coalisée entre de pires ennemis d’une droite qui n’a plus que son extrême pour croire en elle, un miracle comme si chaque matin elle avait sept ans et partait assister à son premier cour d’instruction civique. Les vrais extrémistes étrangers et d’une autre religion doivent nous prendre pour une poubelle idéologique où le nazi moisit au fond, tranquillement, de tout ce qu’il pue de contre façons, apaisé de réussir un peu tard finalement d’avoir, si fidèlement poursuivit, l’œuvre entamée bien mieux qu’ailleurs, dans la quiétude des fiertés locales poussées aux hégémonies des plus consternantes tant elles servent de tremplin au capitalisme mondial qui cache dans ses valises, si tôt la frontière passée, armes et uranium sans tenir compte des conventions internationales - et la droite n’a jamais été autant libre de manœuvrer que quand elle était contrainte de se cacher derrière une gauche croyante en de vraies valeurs de justice - sans pour autant lui remettre les cadavres qu’elle laisse sur son passage.

En tous cas le syndrome redevient réel, la crainte de poursuites organisées et inutiles recommence et nous pourrions craindre de glisser comme par hasard vers la pure et simple transposition - dans l’équation de l’épure de toute démocratie - d’une période historique où on s’attaquait aussi à des styles de vie, des genres culturels et pour finir, à une ethnie entière qui allait devenir Shoah. Des exemples de ce genre sont visibles à nos yeux dans d’autres pays et chez nous aussi - les manifestations pacifistes des ces derniers mois qui se sont transformées en chasse gardée, en pugilat de Cour - on n’arrête pas de finir par prouver que des courses poursuites organisées contre des étudiants Juifs (doc. 1) fleurissent sans retenue maintenant qu’il est quand même devenu risqué d’aller retourner les pierres tombales de leurs cimetières, activité favorite des enfants et petits enfants de l’extrême-droite de ce pays et parmi eux certains dessinent à tout âge des croix gammées nazies, trophées de leur partenariat passéiste. Le doc. 2 est plus curieux, il nous montre que c’est là l’expression pro-palestinienne de nationalistes survoltés ! Par qui ? Pas seuls et pas que par la foule. Ils se baladent les cerveaux français de l’embrigadement avec des foulards à la Yasser Arafat, comme beaucoup de monde mais la couleur là aussi a du changer quand on les voit aux défilés du FN (doc. 3 et 3’) parti politique toujours en recherche d’imago tant leurs mâchoires de crocodiles gueulent grandes qui gobent et aux dents aiguisées à la pointe des pires agitations ; enfin quand on écoute leurs parents ce sont de bons fils exemplaires. Oui mais toujours par rapport à quelque chose de si exemplaire qui remonte à loin dans l’histoire de leur ascendance et dont on saisit encore bien péniblement les contours. Quand les idéologies deviennent valeur marchande ces doux agneaux, sûrement bons pratiquants, s’appelaient «unité radicale» et se positionnent comme la plus fidèle représentation du pays. Ils prétendent même être plus français que d’autres ou mieux la défendre mais faut pas trop regarder dedans et comment ils opèrent ! Avec des terroristes, puisque leurs cadres grands pères d’à l’époque, m’appelait terroriste quand je portais le Keffieh en réjouissance à la période de détente qui s’organisait là bas et puis «ils» sont venus tout détruire. Le complot «Brunerie» a échoué, ça fait quand même un complot, au moins un, un 14 juillet comme par hasard pour rester fidèle aux datation fétiches mais combien de ses soupirants courent toujours dans la même direction, mus qu’ils sont par le même amour, masquant et renforçant les haines fondatrices de ce parti derrière un discours moderniste et moins xénophobique que leur promet le chef pour les campagnes à venir pour sa fille, maintenant que sa femme est partie «sans culottes» il y a bien longtemps déjà...

 

 The end has begun...Don’t use your brain. Don’t

Look for a reason, don’t feel ashame while we

Put the blame on the demon.

(Edguy, The savage poetry).


Ne nous leurrons pas, la dénonciation et les combats que suscite la musique vont dans le même sens spirituel de cette «religion» que beaucoup redoute. Mais «les» religions ne se donnent pas toutes les mêmes raisons pour gouverner. Souvent elles se cachent derrière les raisons d’état, elles soutiennent l’économique et se croient sauvées en paradant avec des hommes politiques pour se rapprocher de la séparation, parfois elles se transforment en particularisme culturel pour devenir des moteurs de revendications le plus souvent à consonances teintées d’intégrisme passéiste, souvent, du côté d’une certaine presse, elle fait du «metal music» une religion ! Eux, particulièrement et précisément pour le «hard rock», combattent à genoux, dans les étoiles ou dans l’astral aussi loin que le mensonge bouddhiste peut les conduire mais pas en exterminant, chassant et tuant pour défendre une croix qui n’aura plus qu’à en faire une, des croix, sur ses errements, ses dérives et son idéologie qui en fait une égocentrique tremblante à l’idée de ne plus pouvoir se camoufler de ses scandales et devant la justice qui ne pourra plus pardonner ou excuser ses actes criminels. Mais entre écouter ivre du hard-rock, la tête dans les étoiles ne pèse pas le même poids dans la balance du vrai ou du faux que tirer une balle de fusil en direction du Président de la République ou que de s’infiltrer dans les milieux palestiniens pour les endoctriner à la haine et courser, à grands renforts donc, les étudiants israélites sur la voix publique au lieu de chercher l’apaisement, la fraternité et la cohésion des nations et des peuples. Bien sûr, quand on les mets à table, ils chantent les saucisses chaudes, les femmes, le vin et le yükülëllëë bavarois ; on va à la chasse, on bosse à la Banque Nationale de Paris basée en Alsace puisque ses retraités en polarisent le fonctionnement (doc. 4), la vie simple en somme et voilà finalement, toutes sommes subdivisées, ce que l’orthodoxie et la laïcité propose ou exige de ses ouailles. Libérer la foi, les religions où qu’elles se trouvent, dans leurs catégories de l’oppression ne sera pas chose aisée mais c’est ce à quoi il faudrait tendre pour briser l’union si politique qu’elle instaure d’adroite manière entre les pouvoirs et la société civile avant que nos illuminés à nous ne se transforment également en dictateurs spirituels en complément, et pour faire osmose, avec l’intégrisme islamique et le talibanisme que le «frère» américain développe et finance avec ses collègues depuis plus qu’une décennie. Face aux peurs que m’inspirent le document 4, j’estime qu’on ne peut rendre répressible l’écoute du «heavy metal», du «hard rock», du «doom metal». Au rayon du «hard core», c’est un peu plus compliqué, des groupes ont été recensés comme étant pros-nazis et leurs textes n’ont strictement rien à apporter de plus au dégoût que pourraient m’inspirer leurs parents, auxquels cas, le document 4’ peut les y référer. Et qu’ils en tremblent nos parfaits intégristes du déluge de décibels qu’ils s’envoient pour prier pour vous puisque tellement nombreux sont ceux qui prétendent déjà prier pour eux parce qu’ils ne savent plus rien sur eux-mêmes ou n’avaient peut-être tout simplement jamais chercher à savoir. On croit pénétrer la galaxie du mal en étiquetant des musiques alternatives et on se trompe de planète parce qu’on en vient, probablement, de cette nébuleuse si lointaine qu’elle doit provenir des enfers de la pensée rigide.

Habillés en chevaliers des enfers ces groupes théâtralisent un combat contre le mal tandis que d’autres le pratique endiablés par des règnes illusoires. En lisant les textes on voit où il se cache le diable, réalisation politique à l’appui. Non, ce qui nous intéresse, ce sont les «fidèles» qui interrogent l’ordre séculaire par des poésies qui dénoncent les mauvaises doctrines qui propagent la peur et les angoisses d’un domaine en expansion où voudraient régner «les yeux du tyran». Pas complètement plongés dans des formes simples et limitées d’un athéisme primaire, ils sont également en quête d’une recherche spirituelle moins enclavée dans les écritures saintes qui, finalement, dans la praxis ne sont guère respectées, alors ils se demandent si croire en leur inverse, puisque l’inverse se pratique vraiment, ne vaudrait pas mieux puisque c’est à travers cet inverse que les grands de ce monde prospèrent et que la même pauvreté crève de la misère. Ils appellent et crient les errances d’une humanité qui s’emballe dans des clivages ségrégationnistes qu’ils contestent alors que d’autres pensent y arriver aussi en passant par l’anniversaire, qu’il faut sans doute fêter selon le trajet du groupusculaire «Paris-notre région», l’anniversaire du dictateur pour qui notre région à tant collaborée, à l’époque, et tout le pays avec à en croire les familles foisonnantes attachées aux mêmes principes, encore aujourd’hui. C’est navrant et désespérant alors on écoute ce qui nous aide à comprendre :


How many times

Have you written lapoons

About my life and desire

About my pleasure and pain...


Le plus surprenant, c’est qu’ils estiment que les Lapons ou les étoiles sont mieux à même d’entendre leurs appels et leurs cris de torture avant que ne se découvre le vrai monde. Laissés pour compte dans le chagrin ou rêveurs romantiques se transforment alors en âmes martyrisées dont les conséquences de la tristesse et de la douleur peuvent créer des dangers spatio-temporels lorsque l’onde de la plainte se pose sur les filaments d’un cosmos déséquilibré. Là, dans le précédent quatrain d’Edguy, on découvre l’idée d’une trace d’un métalangage qui traduit des situations existentielles un peu extrêmes qui ne renvoient pas nécessairement à une mésintelligence philosophique de la pensée «metal» comme la critique opposée à ce genre musical voudrait le montrer. Leurs textes fouettent l’esprit et reviennent aux essences célestes des attractions comportementales en protection aux égarements des enfers de dieu que nous ne voulons pas voir, dont nous refusons le message parce qu’ils les vouent à l’enfermement.


The chagrin of the damned

Cries the tears of romance

Lord of uprightness take me now

World of the sad

It’s the world of the mad

My heart died so long ago.


Dans ce «monde de fou» que décrit Edguy, il faut faire abstraction du cliché drogues et alcools sinon ils ne tiendraient pas physiquement leurs années de scène et tenir compte d’un univers hanté par le désenchantement qu’ils n’ont pas créé mais dans lequel ils ont été transplantés comme le rythme cardiaque du ciel se fait transplanter par les flots et les séismes. De leurs guitares bourrines résonnent dans la nuit des temps - et chaque période historique a la sienne, de nuit -, l’humanité qui s’éteint de sa lumière. Cette grande nuit ils en poursuivent l’exploration au fil de leurs albums en développant une poésie crue. Dans une société bleu-saignante, cette nuit, de plusieurs générations quelqu’un la regarde. «These are the eyes of the night»(Edguy, The savage poetry, morceau Eyes of the tyrant) mais cet œil, ce n’est pas l’œil de satan ou d’un quelconque malin génie, mais plutôt le regard d’une religion qui les a oubliés, rejetés et montrés du doigt comme des démons barbares alors que c’ est l’appellation doctrinaire qu’on essaye d’en faire qui est diabolique,

And its evil doctrines,

Can’t feel a trace of romance...

We killed the poetry around, 

A long time ago.

(id., premier couplet).


Eux vivent en frères mais la société les a perdus ou commercialisés, a peut-être même rendu despotique la notion de fraternité pour les séparer des dogmes, des ustensiles de foi officiels, des principes pédagogiques dont il n’est même pas question de témoigner pour qu’elle ne soit pas obligée de se salir les mains à regarder sa si personnelle misère humaine et par là, la misère humaine dont elle s’occupe un peu, aux moindres frais des états qui en font un pognon dingue avant de le distribuer, ce produit de l’Aide au développement, dans le pouvoir d’achat qu’on ne fait que leur promettre. Très rapidement, la notion de fin, de fantôme semble vouloir se traduire par une poésie bigarrée de menaces apocalyptiques étrangement éloignées des coutumes de bigots.


Whiplash and torture

Envy is driving our hate

The whole world around

Is made and confused

The end has begun

We’re facing our fate.

(Edguy, Sacred Hell)


Et quand bien même le diable se mettrait à exister, à se matérialiser, ils sont si respectueux d’humanisme qu’il n’est pas responsable de son existence, que ce sont les humains eux-mêmes qui le fabriquent pour faire peur aux autres, engendré qu’il serait par des systèmes contre lesquels ils sont bien décidés à «se donner» dans une sorte de sacrifice scénique où se découvre toutes les ambivalences spirituelles des sociétés monothéistes.


Don’t put the blame on the demon

While we put the blame on the demon.


Il n’y a pas à choisir. Autrement dit, le diable, ils s’en occupent, c’est pas la peine d’en rajouter, ils le dompteront et nous ne pourrons que constater que pourchassés ou glorifiés, nous vivons avec les mêmes esprits, le même au-delà, le même mystère et le paradis ou l’enfer devraient être différents alors qu’ils repoussent à l’ultérieur ce que nous vivons déjà sur terre ? Et si finalement, pour finir, l’apocalypse était la même pour tout le monde puisque le diable, si Dieu dans ses représentations effectives et non créées dans et par l’imaginaire collectif ou personnel, blesse les sociétés modernes de maux d’enfer ? La diabolique guerre économique à laquelle se livrent les continents sur le dos de la misère n’a pas fini de sculpter sa croix sous le flambeaux des enfers, et Satan ne viendrait pas de chez nous ? Pas besoin d’aller en Afrique voir crever la faim et gonfler le ventre des marchands d’armes quand notre jeunesse crie famine quand elle n’est pas à la botte de l’intégrisme d’insertion et qu’elle vit sa marge des rigides pensées judéo-chrétiennes, qu’elle en fuit ses aspects autoritaires et despotiques qui pourraient bien, au bout du compte, finir par faire se déchirer les cieux ou fendre la planète en deux comme on brise une noix de coco et tout cela bien entendu à l’aide de sataniques armes. Il doit se marrer le bondieu, s’il en existe un hormis celui de la nature même des choses, en train de nous observer dans nos égarements et conflits armés au travers de belles politiques jusqu’au-boutiste qui entraînent croix et nations dans d’orgiaques tueries et si ce n’est pas aux voûtes célestes, aux divinités de la paix, aux esprits du bien que s’adresse le dernier couplet qui suit, c’est que des enfers il y aura toujours un adret qui fait résonner les cris de souffrance des laissées pour compte en incarnation parfaite à la douleur du monde.


The way that I smile is the way that I cry

But you’ll never realize

My reputation is the one of a fool

Now watch how a poet dies

Hear his cries.


Appartenant à une cosmogonie dont ils ne disparaîtront pas, ils continuent à s’exploser en divinités multiples le temps d’une prestation scénique pour se calmer et extérioriser leur peur de la fin des temps ou de l’explosion sociale qui pourrait s’y opposer, l’humble pauvreté qui les accompagne allant de soi. Peut-être dénoncent-ils - plus spécialement par la musique - un big, bang originel qui mettrait, en écho, un terme à nos états larvés, tous puissants sauf dans les prières ou quand ils prient c’est pour le drapeau d’une paroisse, d’une catégorie nationaliste religieuse, sectes essentiellement ; marquant ainsi d’un poing d’orgue vingt siècles et un pire qui commence, du despotisme spirituel des pays qui défendent la religion comme ils le peuvent pour des raisons économiques bien plus que spirituelles. Globalement on observe :

Une poésie non officielle opposée à d’aveugles règnes.

Parmi la multitude des groupes de «musique extrême», plusieurs s’intègrent presque dans un messianisme moderne qui, paradoxalement, se base sur des images moyenâgeuses de bandes dessinées en châteaux des enfers, toujours proches d’un univers gothique. Un véritable miracle des écritures, ces groupes d’anticipation. Judicieusement de nouvelles monarchies s’établissent dans la musique, utilisent la mystique et les proverbes guerriers pour s’extirper d’une société mensongère, avec des corbeaux comme conseillers psychologique. Quand certains se différencient par trop d’excentricité, c’est qu’identification politique et foi religieuse se juxtaposent en des mad-max du glaive chevaliérisés à de drôles d’activismes, probablement encouragés par les pouvoirs conservateurs qui les ont enfantés, à la table tzigane ou aux banquets de la nation, dans des écoles publiques ou laïques, dans des partis modérés ou essayant de se mélanger à tout ce qui leur tombe sous la main, des parents qui ont rendus la messe obligatoire ou qui enseignaient pourquoi y aller ensembles, jamais pour les mêmes raisons que celles des autres qu’on entendait sur le parvis où se rendaient d’autres services œcuméniques dans le bouche à oreille qui nous à plus regardé que parlé. Une surconsommation boulimique du voyeurisme paroissial sur des familles déchirées inutiles à qui on ne parle pas ou plus car maintenant on perd moins de temps en écoutant du rock ferraille plutôt que leur pétainisme moderne qui collabore aux mêmes objectifs avec leurs enfants qui vont aussi parfois aux messes noires du heavy metal... Il ne fallait pas rejeter le milieu de l’environnement d’où l’on vient ni ses spirituelles exigences souvent en désaccords entre les pays jusqu’au jour où, badaboom, l’Apocalypse aura raison de toutes ces antinomies politiques liées aux pratiques religieuses puisque christianisme et islamisme sont frères, nés du même continent qui a connu les hauts dignitaires des Ecritures et les prophètes qui en ont scribé les vies, espérons que ce ne soit pas pour des enfants qu’ils n’ont pas eu, fruits de la même Terre ; une terre de feu et de sang qui se boue en cloaques de pouvoirs où disparaissent progressivement les respects les plus fondamentaux, les jumelages de porte-monnaie, les rencontres politisées organisée par les émissaires du Vatican. Selon qu’on s’appelle Jules César, Hitler, Napoléon, Staline, S. Hussein ou Témoins de Jéhovah (doc. 3), les conséquences en criminalité sont identiques. Shalom, Shinouï, la terre d’Israël écoute aussi du hard rock démocratique pour lutter contre l’oppression militaire qu’on impose par des géopolitiques de l’inutile, qui tournent en rond, lâchant bombes et ruptures diplomatiques au grès des circonvolutions névralgiques de leur expansion économique.

La guerre est bien là, toujours un peu plus économique que véritablement territorialiste pour qu’on la remarque moins et pour qu’on en distingue plus difficilement les agresseurs, alors que ceux qui sont nommés, sont le produit du marché d’armes qui nous a rapporté beaucoup d’or. C’est pour cela qu’ils chantent les «ténèbres», le sang de la mort de nos civilisations, un dieu qu’on trouvera bien à force de le chercher et des rois qui feraient bien de déguerpir.


Born into a world of war...

The gods has always been on his side...

Alone in victory you’ll stand.

(Fraeternia, Warchants & Fairytales, titre Worst of Enemies)


Plus loin on s’aperçoit que supprimer la religion serait peut-être plus judicieux que d’en poursuivre l’aveuglement derrière la puissance économique et tout ce qu’elle présuppose de terreurs célestes qui plongent des populations entières dans d’obscures ténèbres.


It’s finally time to enter his throne

And so the legend told that in this land blood will flow

The legion of darkness have come to our land

Where time stand still a land in peace.

(Fraeternia, morceau War of the Crown)


Ils ne sont pas les exclus des paroisses puisque la plupart y habitent mais ils s’en sont éloignés à une période où ils pensaient trop. Alors que la vox populi les prend pour des zombies à combattre, elle ne comprend pas qu’ils sont différents tout en restant fidèles à la digne représentation d’une spiritualité sans religions où la paix ne peut sortir de la bouche des canons mais par la métaphysique que devaient nous enseigner les pluralités culturelles confrontées aux chapelets qui étaient censées nous relier. L’effort est en marche pour combien de massacres injustifiés ? La pensée chrétienne/musulmane n’est pas inintéressante là où le partage devient un processus identificateur comme il l’était à la cour du roi soleil, un tremplin pour obtenir la gratitude de l’Etat et de ses finances, on se pissait dans la main quasiment à l’époque, alors pensez y à tous ces monarques d’aujourd’hui qui se cacheront un jour pour qu’on ne soit plus jamais obligé de les revoir.

Comme une flamme qui vacille, un politicien fait une messe avant son meeting se prenant pour une divinité par espoir d’envoûtement, pour racoler son électorat toujours plus étendu ?

Sans savoir de quelle situation médiumnique émane un tel comportement, insultant par rapport aux séparations des pouvoirs, on ne comprend toujours pas pourquoi Vatican et Renseignements généraux y compris, ne prennent pas des mesures fermes et concrètes pour interdire définitivement l’amalgame politique /religion, la plupart du temps xénophobe et nationaliste cachées derrière des appellations de phalanges à la pensée très pratiquante alors que l’essence de leurs revendications de concession biblique les conceptualiseraient plutôt dans le retrait et le désintéressement, surtout au sujet de leur pensée politique. Dieu n’a pas dit de tracer les frontières, d’élever des batteries de miliciens, d’ouvrir les portes aux sociétés du crime organisé, d’ «ennemis» politiques à cibler, à harceler puis à éliminer quand l’occasion se présenterait. La musique métal n’a pas d’église et elle sait mieux que personne pourquoi alors que les croyants tournoient hors des questions qu’ils ne se poseront jamais et guerroient entre peuples sous couvert de pensées libératrices.


‘Cause we know what we are but not what to be

We all are standing tall. We are loud and pround,

Or else the flame might die.

(Freternia, titre The Flame)


Ce groupe ne la chante pas la flamme. Bien au contraire sa puissance devrait s’éteindre puisqu’elle nourrit les guerres. Eux restent et vivent en dehors des rêves de sectes et boiront les fûts du monde entier avant de réciter un notre père, qui, déguisé en Père des guerres ne leur convient pas. Le Métal est une attitude bien moins dangereuse pour la société civile que les faquins paramilitaires et arrogants de l’extrême droite puisqu’ils vont à la messe pour organiser le meeting politique et reconnaissent d’une manière aiguë, l’Etat par son armée, en son église. Du moins c’est la démarche d’Alain Juppé lorsque dans le Bordelais il fait venir des élèves de la Marine dans une chapelle en ruine. Si au moins ils l’avait réparée avant, Dieu leur serait infiniment reconnaissant mais ce n’était là qu’appel d’offre, une demande de subventions au Crédit Municipal. Quelle parade pour des gens qui ont beaucoup à se faire pardonner. Que voulez-vous, ils cherchent aussi la Terre Promise, écoutent peut-être la même musique mais l’interprète différemment. «To strike» peut signifier débrayer, se mettre en grève mais également frapper selon qu’on envisage d’être menaçant ou simple opposant. Et qui n’est pas et sera encore plus menaçant que les activistes de l’extrême droite qui fait à merveille le jeu du gouvernement actuel, si bien encadrés et enseignés par tout un appareil idéologique dont il est inutile de rappeler les fondements tellement ils sont passéistes dans l’histoire politique ; une sorte de préhistoire ? Pédagogie de la sûreté et apogée des hégémonies qui dérapent en de vangeresques règlements de compte, je comprends pourquoi les «ombres» paraissent irréelles. Le pervers piège que s’est tendue la droite du haut de ses outrancières conduites qu’elle cherche à imposer en utilisant son extrême quitte à se la prendre sur la figure, certains appellent cela les risques du métier.


The shadows seems so unreal.

Into the night with glory we ride awaiting

The right time to strike...

(Freternia, Guardians of the night)


Quand la Nuit n’est pas la même selon qu’on rêve de rois tout court et qu’on oublie le corbeau qui va avec on sélectionne l’histoire, on parle de ceux qui nous intéressent, on invite à sa table l’intérêt de la légende, une de ses parties, la plus rentable mais pas son intégralité pour renvoyer une sombre poésie au néant alors que ceux qui s’en abreuvent n’en font pas une motivation guerrière, un apéritif à pogromes.

La réception intérieure des poésies hard-rock et l’utilisation idéologique qui peut en être faite dépendent donc des prédispositions sociales du mélomane et de sa structure mentale liée au phénomène du pouvoir qui, selon le cas, ferra des individus des énergumènes surpris en plein défoulement avec tout ce que la répression habituelle des pulsions peut y gagner ou, dans des cas contraires, une motivation à la xénophobie avec tous les dangers que ces attitudes comportent matérialisant la construction inspirée d’une société fratricide qu’instaurent les droites en leur socle quoi qu’en puisse prétendre les discours de fraternité qui y sont liés. La métaphysique du mensonge bénéficie de situations de confusions lorsqu’au pied de la lettre, certains cherchent à en faire des codes de conduites autres que la simple écoute poétique d’une musique pas si mauvaise que cela quand on la comprend d’où elle vient. Malheureusement, ils enfoncent aussi le clou quand ils en font une éthique à un parti politique qui triche et masque jusqu’aux musiques que les plus vieux du mouvement condamneraient bien dans leur discours mais, masqué, le racolage s’opère un peu plus loin jusqu’à des faveurs retournées pas méritées. Pour se faire «fils du ciel», certains en revendiquent le statut, il ne s’agira pas du même selon qu’on se situe du côté de la domination ou de l’oppression, selon qu’on invoque les rois et les corbeaux pour régner ou rejoindre l’au-delà, selon qu’on appartient à un mouvement nationaliste régional ou qu’on incarne le vomi social de l’oppression avec fierté et courage.

Durant cinq années les groupes de «métal» se sont succédés sur la scène et je puis vous affirmer que les fans de ce genre musical sont des plus courtois, des plus disciplinés et des moins dangereux. Est-ce qu’il y aurait alors une poignée d’agitateurs mal intentionnés qui s’infiltrent dans les concerts pour jeter un dévolu sur les pulsions de haine parce qu’elles n’ont pas eu l’explication de texte adéquate et que les interprétations vont bon train, calquées qu’elles sont alors sur un discours politique et raciste suivi par d’étranges sujets ? Certains font même des saluts nazis en imago à leur constellation qu’ils font virer alors nationale/fasciste. Se vomir dessus et se noyer dans la bière n’a jamais gêné personne et personne ne vous oblige à aller y voir ce qui s’y passe. Faire le salut nazi dans une salle, même obscure - et ils en profitent bien ces trois ou quatre lascars que j’ai pu surprendre dans une telle déviance - pose problème à l’image de marque des groupes innocents dans lesquels ils cherchent à s’infiltrer. Ils sont quand même quelques uns à avoir déposé la veste, à avoir acheté des tickets boissons, les traits réjouis des fauteurs de trouble se lisaient dans leur âme inconsciente cherchant à s’identifier à une mode. Ils sont venus boire un coup et les parents qui voient les affiches, écritures gothiques à l’appui, crient au satanisme, au nazisme alors que c’est eux-mêmes qui la transmettent cette attitude en cherchant à interpréter et expliquer un phénomène qui échappe à leur conscience pour ne jouxter, à la simple écriture gothique, qu’une vindicte populaire qui leur rappelle un passé qui, s’il venait à être rouvert, en vérité, les compromettrait sûrement. Cette écriture gothique qui ne laisse donc pas indifférent, tant chez les jeunes qu’auprès des plus vieux, permet au moins de jauger la prégnance des identifications qui font que certains en rigolent tandis que d’autres en sont encore au garde à vous. Ils pourraient se sentir offusqués, blasphémés ceux qui n’écrivaient que comme cela leur poésie de guerre, ceux qui estiment que ce mouvement musical n’a rien à faire sur les murs de la cité comme au bon vieux temps des censures imposées ; rien n’empêchera de constater qu’ils ont du en boire du sang pour que l’inconscient «trans-générationnel» lié à l’identité nazie se retrouve aujourd’hui encore dans de jeunes générations qui s’éclusent autant de bocks de bière dans le gosier par mal de vivre dérisoire, certes, dont ils trouvent dans ce cas là, une franche rigolade mais ils en existent aussi qui transforment quelque chose d’anodin pour colporter par-dessus une imagerie néo et nazie. Mais ce mal être provient d’un «non-dit» qui perdure, qui se cache dans les placards des secrets de province, des conduites globales adoptées par rapport à la collaboration où les reconnaissances se sont faites d’après la nécessité étatique du moment. Avant guerre, le pays fût vendu. Après, il fallait en tirer profit...clament encore les mieux lotis dans le stay behind d’aujourd’hui.

Archives

À propos

Articles vraqués en réaction à l'actualité et aux webspeak qu'elle suscite