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Ce soir là à Rigendorf... (seconde partie)

Priez, parce qu’ils ont vu pousser le mal partout...

On s’attend au pire à chacune des apparitions de ces groupes venus d’outre-tombe, corbeaux qui planent sur l’écœurement. Maquillés comme des cadavres, ils exorcisent bien plus qu’ils n’envoûtent et finalement, ne sont pas plus étrangers que vous et moi à une table de bistrot n’exécutant rien de plus satanique que de «descendre des bières en racontant des blagues (doc. 6)», avec peut être ce petit plus qui les différencient par le fait qu’ils voient les choses différemment ! On peut en être effrayé, se sentir concerné ou menacé (dans ce cas, il y a vraiment un problème chez vous et il provient probablement de vos propres intégrismes) mais le plus généralement le public en sort amusé, légèrement intrigué mais suffisamment curieux et éclairé pour comprendre tout en se gardant bien «de les prendre trop au sérieux (doc. 6). Et puis il y a les «entre-la» parce que la musique luciférienne est un la, majeur pour moi, au sens de la note en elle-même. Quand dièses et bémols virevoltent on est bien loin des mélopées folkloriques pures et simples. Et, à y bien regarder, la neutralité du spectateur forcé que j’étais puisque j’y travaillais, ne m’a que plus intéressé en me plongeant à travers de somptueuses découvertes, inattendues, tant elles furent prolifiques, d’un champ «symphonique» absolument étonnant. Dans la soupe sanguinaire qui abreuve leur poésie on pressent la dénonciation d’un monde ammoniaqué nimbé d’extases divines ainsi qu’un jugement personnel plus renforcé au sujet de la réalité satanique (où les gens jouent avec d’autres quand jouer avec eux-mêmes ne suffit plus) tout comme on peut émettre des a-prioris en ce qui concerne les manipulateurs bibliques, «médium de salons»à vendre, carnaval des nouvelles sciences spirituelles commercialisant l’âme (pouvoir) faisant siennes les notions de droit divin en trônant sur la masse des prieurs oubliés (esclaves des transmissions) constituent toutes et tous, autant qu’ils sont, ce qu’on pourrait appeler également satanisme mais on n’ose pas aller jusque là et on ce contentera d’utiliser le terme d’obscurantisme ou de dictature spirituelle. L’individu franchit la zone piégée du mal lorsqu’il tente de forcer la main philosophique de son prochain en utilisant des stratagèmes spirites/étatiques/économiques pour parvenir à imposer son point de vue, sa raison, la manière dont va tourner le monde. A la va vite, dans des signatures précipitées, dans l’engouement au ralliement à des forces d’appartenance extrêmement réparties en groupuscules, on perçoit l’une des machineries du pouvoir. Des royalistes aux démocrates les plus endurcis en passant par les empires politiques et financiers des grandes familles qui traversent les époques sur le haut de son élite pour régner maintenant, encore un peu plus sur l’Etat et l’économie, voire la structuration même de la société. Contrairement aux apparences, ces caricatures démiurgiques des enfers, bien qu’ils s’en parent, ne s’emparent en rien des lois de l’au-delà. Ils témoignent d’un présent qui est enfer de représentations mais participent, quoi qu’on en puisse dire , prétendre ou émettre, à une imagerie d’identification qui tient le couvert de la souffrance dans une assiette du mal pour nous montrer que, ni personne et encore moins l’au-delà, finiront par nous prouver que nous y participons tous à la terre qui tourne mal. Une souffrance dont ils se vident, cherchent à s’en protéger quitte à se détruire plutôt eux-mêmes que de la donner, visant par là même les fondements de nos consciences, ils sont les adeptes de magies créatrices qui se suffisent à elles-mêmes et non pas besoins de simulacres plus outrageants que des médiums de boîtes aux lettres ou des gourous de nouvelles spiritualités quelconques. Noires aux couleurs de dissonances, les flammes de ces enfers qu’ils perçoivent ressemblent aux enfers d’un monde entier depuis que le monde est monde et qu’existe la musique. Pas besoins d’être habillés, voilés ou édifiés en emblèmes de partis de drôles de cocardes surtout ce soir là, à Rigendorf. Ils diront qu’ils y étaient, que c’était affreux et qu’ils ne le referont plus. Feront autre chose, le referont, en moins pire d’abord, puis on ne peut savoir. La confiance est perdue.

Fi des griefs, anges gardiens des ténèbres, ils n’ont peut être qu’une musique à la limite dépouillée mais survivent qu’en opposition à toute une panoplie de gris-gris mystificateurs en tous genres, psalmodiants bien d’autres préfabriqués d’illuminations et l’on ne peut en dire sornette ! Mais ces charlatans pratiquent dans leur établit de diseurs de bonne aventure la poupée piquée d’aiguilles magiques qui s’achètent et se vendent sous la protection dont ne sait qu’elle indulgence d’intériorité. Les prix deviennent abordables et les consultations progressent. Pour faire ployer les astres à leur sort, de «résultats garantis sous quinzaine, résultats en affaires, réussite amoureuse», ils se transformeraient presque en tueurs comme des activateurs de mort par métier, gourmandise de l’appât du gain, sortiraient mêmes des effigies nazies pour faire appartenance et/ou faire un concert de ‘hard rock’. Passons les pires manipulations de l’esprit qu’on découvre sur leurs macarons à réclames de ces spirites de champs de foire. Mais cette «junk food» de l’esprit ne leur fait pas mal en eux mais alentours. C’est le revers cosmique de la médaille de leur manipulation. En prétendant influer l’existence de leur client en lui ramenant le droit chemin qui reviendrait à lui au profit du rejet, de la dissection et même l’extermination de ce qui devrait disparaître pour que leur satanée clientèle soit heureuse, j’ai un doute quand au bien fondé de la démarche. Des consuls occultes qui doivent rendre de nombreux services aux corporatismes et même envoûter les Etats ce n’est pas bon pour l’équilibre de l’univers entier. De la Bible arraisonnée aux différentes époques du pouvoir qui l’utilisèrent enfermée dans des cercles d’initiés qui en cachent sur quoi puisque des bibliothèques secrètes hantent les Caves du Vatican jusqu’en 2005. Ils sont devenus la racine carré à la puissance moins l’infini d’un irréalisme spirituel qui justifie de lui-même une dictature des Ecritures alors qu’on ne devrait que s’y référer et non pas en faire un code de conduite unique et tuer parce qu’on ne l’a pas respecté. Imposer cela à une humanité entière qui n’en a choisit que très peu. La religion du vécu dans ses ensorcellements économiques et politiques ne peut aboutir qu’à une société unique qui accélère la régression d’une humanité en perte qui, et cela d’autant plus que sa technologie est avancée, cache le gouffre de son sectarisme aux clauses identitaires de plus en plus affirmées vers une sorte de domination nationaliste à grande échelle et une emprise sur les réalités de plus en plus éloignées des principes qu’ils sont censés défendre, des croix qu’ils dressent et n’oublient pas, qu’ils enterrent avec des cadavres pour les oublier plus vite.Guerre et paix tout en musique. Où allez vous, où va-t-on ? Qu’en guerre ! Allez où vous voulez...

Tout le monde lira les mêmes prières, plus personne ne regardera le télé, tout le monde lira le même livre comme cela tout le monde parlera de la même chose et tout le monde saura de quoi on parle. Il n’y aura plus de problèmes. La démocratie émerge de ses empires avec son tonnage de cadavres et l’atomique gouverne. Il faut lorgner dans le mal de vivre des Droits de l’homme et non chercher des bêtes du mal à pulvériser en insultes en caches misères à ses propres difficultés qu’ont ces pays leaders à répartir la richesse équitablement sur des populations triées sur le volet, sélectionnés comme des gardes fous d’églises à dieux, soumission à du supra divin.

On s’attendait au pire ils l’ont fait.

Cette jeunesse écoute de la musique heavy metal. Des textes en sont teintées d’allusions patriotiques, d’ombres guerrières issues de mythologies de fabrique, simplifiées, vulgarisées ou modernisées, enfin plus ou moins adaptées, peu importe, l’essentiel consiste en ce qu’elles transmettent des états d’âmes du passé dans un présent près à se réactiver en pires fins sur des sociétés devenues typiquement expérimentales. Jusque là tout irait bien si cette poésie ne restait que rêverie, c’est quand on la vit que cela devient plus compliqué et qu’on quitte les pentes douces de l’hilarité où nous étions conviés. Là où ils déraillent c’est dans les rouages imagés de «boom» organisées par des poignées de fanatiques, très sérieux, qui deviennent le temps d’un week-end des «raveurs» de hard rock dissimulant une gigantesque messe noire nazie en leur apparat (pas néo ou étatico ou cervico rendu à l’Etat) mais honorant la fête qui mit au monde l’un de ceux qui s’était le plus rapproché de l’idée d’apocalypse. S’ils font de la politique avec du hard rock ou en sa base, il y a destruction, atteinte à quelque chose que certains cherchent à faire disparaître. Dans le document 7, le factice mensonge quand au style ou au genre musical énoncé n’est qu’une arme espiègle visant à dénaturer les propos pour en défendre le degré de montée en spirale, d’effusion des émotions.

Alors bien entendu on crie au loup à cause de certaines musiques subversives, du moins c’est ce qu’ils croient alors qu’en déplaçant délibérément le problème on ne s’interrogerait plus sur ce qu’ils (les jeunes) écoutent comme musique croyant faire de l’information mais on se poserait la question sur ce qu’il advient d’une extrême droite qui se met à écouter de la musique qualifiée de «moderne» comme s’ils écoutaient à la manière de leurs aînés des chants nazis. Cela nous éclairerait bien plus au niveau des pratiques et de la déformation idéologique qu’elles entraînes lorsqu’elles en viennent à l’application croyant ne pas s’égarer. Quand la poésie prétend palper les sphères du pouvoir elle s’érige en manipulation de ralliement pour se transformer en religion politique dans ce qui au départ n’était qu’un pur loisir désintéressé.

Réalité malmenée par la diffusion de fausses notions qui se répandent alors comme commérages en sourdine ne rapproche guère des préceptes d’une information juste. L’amalgame entre cheveux au crâne rasé et hard rock ne tient pas. Je les ai vus cinq années durant porter la tignasse jusqu’à parterre, là où est leur cœur, dans un monde touffu de sottises et de balivernes. Il n’y a que dans un pays d’extrême droite que le hard rock à chevelus puisse se transformer, comme un coup de tondeuse, en hard corps nazi. Celui-ci existe depuis de longues années et court toujours sous la dénomination de sa particule dérivée du hard rock tout court. Pas étonnant alors qu’ils intègrent non sans grande peine les créneaux musicaux les plus porteurs et les plus violents, musicalement parlant bien entendu puisque adeptes et stylisés en tous bons mélomanes qu’ils sont révèlent en eux, je le répète, des caractères emplis de douceur plutôt enclins à pisser sur le führer que de le vénérer ou l’adorer et pourtant, c’est dans le hard rock qu’on retrouve les meneurs de messes nazies. Ils se réfugient derrière l’impact publicitaire et la protection idéologique de leurs acquis politiques en espérant greffer sur une poésie de l’exploration du néant effective l’idéologie xénophobe et outrancière de l’extrême qu’ils représentent. Quand la véritable musique se révèle, l’âne se mord la queue de ses utilisations tendancieuses, fallacieuses et finalement erronées de ce qui au départ ne devait rester qu’une pure discipline récréative et non pas devenir, par détournement ou organisation illicite, un rassemblement hitlérien qui ne ressemble à rien, qui n’est nécessaire à rien et surtout pas au contexte culturel. Mais après tout, celui-ci vise-t-il peut être aussi quelque part, les résurgences de ces monstres puisque le culturel est indissociable du politique c’est donc obligatoirement au travers du culturel que cherche à s’enchaîner l’extrême droite bien décidée à remettre à l’ordre du jour un certain filtrage des populations, l’extinction pure et simple de ce qui ne lui ressemble pas, la croyance en leur verrue idéologique qui consiste à faire croire au pays qu’il est à eux et à eux seulement, sans qu’à un seul instant - du moins au cours des dix, quinze dernières années observées - la moindre autorité habilitée par la constitution ne puisse réagir fermement et clairement vis-à-vis des dérives de l’extrême droite. Il a fallut se contenter des milieux associatifs (le mouvement des «potes», les mouvements de la gauche) pour rendre effective une position engagée par rapport à ce qui se nomme «plus jamais ça». La droite fait toujours la sourde oreille à ce sujet sous peine de compromettre son petit jeu électoral des désistements pour des groupuscules qu’elle ne peut que défendre tant elle leurs ressemble. Je ne cherche pas à biaiser les faits mais à retranscrire fidèlement la réalité telle qu’elle aurait du l’être et pour que celle-ci eusse pue l’être il aurait fallu non pas signaler le relevé des plaques d’immatriculations comme pour mettre en garde une partie de cache-cache qui devait se poursuivre, mais tenir cet indice comme secret par nécessité de l’enquête. C’était ce week-end à Rigendorf, mille Maxime Brunerie réunis sans lui dans une autre sphère culturelle, mille têtes dangereuses comme lui, qui pensent presque comme lui. Faut-il les en excuser par une psychiatrie intégriste, intégrant les dérapages jusqu’à se contredire elle-même, aveuglée par des théories qui acceptent le mensonge (et il y a bien mensonge historique quelque part pour qu’on retrouve des rassemblements nazis dans certaines manifestations culturelles) à cause d’une certaine forme d’incapacité à mettre à jour les véritables motivations idéologiques qui excusent les actes les plus démentiels qui ne sont pas accidentellement dû à de l’inconscient mais fomentés de longue date. Ils se réunissent, commémorent les pires fléaux de l’histoire mais ils ont coutume de dire que la gauche est aussi un fléau, leurs parents ayant parfaitement fait leur devoir d’éducation à ce niveau là. On peut dire que de l’autre côté, aujourd’hui, M. Brunerie fait comme à Rigendorf à la boom de l’IUT avec la techno dans la tête dans la Laiterie avec Artefact PRL ( ! ! !). Que ces psychotiques et activistes se rasent le crâne pour les plus convaincus ou se baladent capés comme des rois soleil en flattant une cour mise à disposition en pensant, par dessus tout, chasser le mal de ce qu’ils estiment clocher dans leur patrie / nation / région / village en se dissimulant sous des effigies plus ou moins parlantes ou en se cachant derrière des étiquettes de convenance ; ils idolâtrent d’un côté l’ignoble crapule politique qui plongea l’Europe dans le fascisme et, ne l’avait-il pas promis, pour de longues décennies ? De l’autre pan de ces extrémistes quand ils ne cherchent pas à infiltrer des genres de musiques pour faire parler d’eux, ils s’amusent à faire du tir au pigeon sur la tête du Président. Qu’ont-ils ? Leurs géniteurs étaient-ils SS ou hauts placés dans la collaboration ? Jusqu’où iront-ils, que ne préparent-ils pas encore ? Allez savoir dans cette extrême droite qu’aucun n’a réussi à isoler et qui dorénavant se dilue progressivement dans l’écluse de ce camp politique sacro-saintement accroché, becs et ongles, au capitalisme ostentatoire bien plus proche du pillage de l’humanité que d’une responsabilité réelle sur les conséquences que produisent des économies prospères avec des stocks qui débordent et engorgent les spéculations où il devient de plus en plus difficile de persuader aux investissements devenus victimes de la lourdeur inflationniste. L’autorité fasciste a déjà montré comment résoudre ces questions et connaît les solutions qu’il faut envisager (il n’y a qu’à écouter les points de vue des Le Pen) pour apporter des améliorations mais dans quel désastre et sous quelles conditions. Les utiliseront-ils encore une fois ? Une dernière, une toute dernière fois, sans que rien ne bouge ? Que l’opposition croule sous les incarcérations successives et isolées empalée par le mât de la collaboration totalitaire de toutes les droites européennes réunies sous la même emblème, cela traduit l’achèvement d’un combat idéologique qui a commencé avec Dreyfus. Cette entente, si elle est officiellement avouée religieusement ne s’écarte pourtant jamais très loin, si l’on observe sa jeunesse la plus dangereuse, de l’extrême rigolarde et naziophile que j’ai connu lors des tablées de mon enfance. Ce soir là, ils écoutaient de la musique dans un charmant petit village allemand cherchant encore des fausses couvertures car ils auraient bien été incapables de le réaliser en France, la provocation de Rigendorf n’en est que plus grave encore. Des politiques de rigueur on glisse dans l’autoritarisme discursif pour sombrer dans le totalitarisme de la pensée puisque la pensée majoritaire se veut une et indivisible pour constituer une majorité pensante qui, par souci de rentabilité oublie les différences et l’aspect progressiste des sociétés en évolution qui espéraient encore pouvoir vivre dans un monde modéré. Mais on choisit de moins en moins et les revendications transformées en slogans du genre «marche ou crève» trottinent encore et résonnent en profondeur dans le cerveau de la révolte qui sommeille au creux des démocraties. Contester, c’est éviter le pire. De la sincérité humaine on s’égare dans des convoitises territoriales où tuer devient plus simple que s’exprimer objectivement et collectivement. S’imposer par la force est la marque d’une régression historique même si certains prétendent encore que «c’est ce qui marche». D’autres preuves historiques existent également pour nous détourner vers des fausses routes qui font couler le sang. Imposer une Europe chrétienne est une absurdité puisque l’Europe elle-même voudrait incarner la multi-ethnicité des religions. C’est vouloir la couper en deux rien que par cette volonté affirmée de faire d’un courant religieux la dominante spirituelle qui vous vaudra le respect de la nation. Pourquoi s’amputer des multiples rayonnements si ce n’est pour s’avancer d’un pas sans peur vers une sorte d’intégrisme où le spirituel viendrait renflouer les cases manquantes de politiques à camps bien définis qui s’essoufflent comme des bœufs courants derrière leur charrue. La droite grognarde en fait une belle des charrues en ce pays de France avec ses programmes politiques sur-gonflés de passéisme dans sa fantaisie sécuritaire et son pacte divin qui la lie au pouvoir tel la tique à sa bête. Au secours ou ô secours les citoyens, en prison ou à la cour du roi ? Quel clavecin détraqué joue-t-il cette triste symphonie sans avenir ?Tentative d’ethnologie comparative.

 Dans un même public à visées politiques différentes, établir un essai de sociologie comparée à partir d’un conflit culturel réunissant deux groupes totalement opposés mais qui formellement pourraient se croire apparentés.

L’angle chaotique que procure l’exploration du type culturel dit musical qu’est le «heavy metal» montre la capacité qu’a une société en sa culture à frôler le pire par des dérives de styles qui finalement s’opposent malgré leur genre apparenté. Dans les méandres d’une poésie de l’au-delà où satan n’est qu’une contre hypothèse aux vues des catastrophes que le bien, malheureusement, ne peut s’empêcher d’éviter on découvre carrément une partie qui se propose, activement, de réaliser des rassemblements où se fétichise le pire punk de l’humanité : le label Adolphe Hitler. Dans le sang qui les a baigné probablement de leur enfance, ils deviennent grand et empruntent un archétype musical rassembleur mais quand même montré du doigt pour y diffuser leur propagande d’extrême droite nauséeuse fatale à l’état des oppositions qui cicatrisent encore difficilement sur le territoire français quand on parle de la collaboration et des nazis. Ils s’en repentiront, iront peut être quelque fois à l’église pour déclarer la tête encore plus haute «fichtre ! Je me suis trompé, maintenant j’écoute du Grégorien ou du Wagner» et ils seront applaudis en fidèles flambeaux de la patrie qu’ils seront enfin devenus (voire redevenus, pour certains) ! Néanmoins, Maurice Halbwachs dans La Mémoire collective chez les musiciens nous montre quand même qu’à travers les rythmes, les sons, la pensée et l’imagination se traduisent la sensibilité et les états d’âme d’une société. Quand il écrit : «Bien que la musique soit ainsi toute pénétrée de conventions, elle s’inspire souvent, il est vrai, de la nature. Le bruissement du vent dans les feuilles, le murmure de l’eau, le grondement du tonnerre, le bruit que fait une armée en marche ou une foule en rumeur, les accents que peut prendre la voix humaine, les chants populaires et exotiques, tous les ébranlements sonores produits par les choses et par les hommes ont passé dans les compositions musicales» (p. 37), on est dans le hard rock aussi mais pas dans l’aseptisation fasciste que peuvent en faire certains par amusement, en déviation et par tentative de racolage. Entre le tonnerre et le bruissement des feuilles il y a une marge mais les deux sons sont utilisés en bruitage de certains morceaux contemporains. Halbwachs nous éclaire encore en continuant de la sorte : «N’est-il pas vrai que certaines œuvres se construisent sur des thèmes qui ne sont pas eux-mêmes musicaux, comme si l’on voulait renforcer l’intérêt de la musique par du drame ?» (p. 38). A l’écoute de certaines compositions du hard rock, les textes dérivent loin et on ne peut plus guère alors parler de poésie si ce n’est pour en entendre les appels au meurtre, la haine raciale. Ils en deviendraient presque des nouveaux nazis avec leurs reliques en croix gammées de chez Hitler. Certains groupes sont de plein pied engagés dans la diffusion de ce genre d’identification et diffuse le ralliement à leur point de vue. Il s’agit évidemment d’une fraction extrême issue d’un courant musical précis qu’il ne faut pas pour autant jeter aux orties trop rapidement ou assimiler à des troubles fêtes pour chacun d’eux réunis pour se taper un bon mémorial et un satané coup de pub. Presqu’un drame pour la recherche évasive et la dérive des transes que l’être passionné de musique fait circuler dans ses tripes. Le champ musical devient alors un terrain propice à la diffusion populiste / nationale / totalitaire de comportements tout ce qu’il y a de plus rédhibitoires sous couvert des amalgames les plus farfelus «reconstituant autour de soi, au moins en pensée, cette société elle-même, avec sa technique, ses conventions, et aussi ses façons de juger et de sentir» (p. 47). Contrairement à la poignée de fidèles que représente les milles, sûrement moins, nazis réunis là parce que leurs papas le leur ont appris ; ceux-ci représentent quand même une salle comble quand il s’agit d’un lieu réputé de l’hexagone. Donc attention à la manière et à la vitesse avec lesquelles se propagent les appartenances les plus secrètes, ce que les générations n’ont pu refouler à cause de leurs compromissions d’appartenance. «Loin de nous isoler dans la contemplation de nos états internes la musique nous fait sortir de nous. Elle nous replace dans une société bien plus exclusive, exigeante et disciplinée que tous les autres groupes qui nous comprennent (p. 40)» pourrait bien se transformer derrière les idées de faux rassemblement en une exclusion cinglante des individus recensés sur place et non pas de l’ensemble auquel le journal local se proposait d’identifier ces comiques songeant probablement faire d’une pierre deux coups. Ils ont des cheveux longs et pas le crâne rasé les «métals», la différence est frappante et l’erreur de l’information encore plus troublante. Il y a quand même un problème avec ces envoûtés de la croix nazie. Quand à leurs motivations pas seulement produites par eux-mêmes et leur simple démarche identitaire mais par des milieux familiaux dans lesquels les parents leur ont transvasé les frasques des inepties outre droitières. «Soit qu’on déchiffre, soit qu’on exécute, il ne suffit pas de comprendre les signes : un artiste les interprète à sa manière, en s’inspirant de ses dispositions affectives du moment, ou de tout le temps (p. 41)» lance encore Maurice Halbwachs qui n’écoutait pas AC/DC mais percevait sans doute mieux que personne les schèmes opératoires qui influencent de manière plus ou moins profonde l’attrait pour la musique prise en tant qu’instrument de reproduction sociale et synthétise de fort belle manière, en toute pertinence, l’endroit précis où une micro société, derrière ses arts, peut sombrer dans une sorte d’inconscient ou de nostalgie historique pour se mettre à naviguer dans une sorte de conscience néant prise en tenaille par la domination et la liberté, l’idolâtrie et le fanatisme, le fétichisme et la passion, le bout d’un tunnel ou la fin d’une nuit. C’est dans ses «amnésies pathologiques (p. 60)» que la société s’oublie, frôle et fait les guerres pour établir des rapports de brutalité et d’exploitation entre-déchirée qu’elle est par l’émulation idéologique de ses mises en forme. Cette amnésie pathologique dont nous parle Halbwachs est une prémisse à ce qu’Habermas appellera plus tard une «Post Nazionale Konstellation» mais encore faudrait-il pouvoir en sortir de la constellation nationalisante et certains prouvent qu’ils ne semblent pas décider à dépasser ce stade organisationnel de l’humanité qui remplace une horreur par une autre. Ils y campent et se reposent dessus tant il est le garant du chapiteau capitaliste dans ses fondements les plus reculés.

S’il faut faire appel à la pensée de Maurice Halbwachs pour comprendre le lien social qui pousse l’art des musiques à se transmuer en un déversoir idéologique ainsi qu’en une transmission inconsciente d’une mémoire collective refoulée où se prodigue une constance humaine sujette à s’émouvoir de ses “affects” dans ses “addicts”, sans fioritures aucunes, juste pour le plaisir d’être, c’est pour saisir avec plus de force la manière dont des pans entiers de la mémoire historique resurgissent dans le corps social, par manipulation ou simple égarement de pédagogie. Dans une société extrême - et les nôtres le deviennent de plus en plus rien qu’aux vues de leur situation économique - où les dérives et les récupérations se bousculent derrières de cruelles effigies transparaît un monde en perte de lui-même et en passe de ne plus savoir quoi utiliser comme polémogènes pour convaincre les âmes à la dérive de nous faire accepter le pire. Le pire était arrivé ce soir là à Rigendorf avec ses sombres destinées politiques, son projet social hors du commun, cet anniversaire de leur héros qu’ils fêtaient parle de trop, d’eux, et ils sont si nombreux malheureusement, essentiellement dans nos démocraties, démocratie du loup. Cela fait-il rire la partie des organisateurs qui ne sait plus se prémunir du pire faute de moyens puisqu’ils sont obligés, disent-ils de faire de l’argent ? Et ces illustres organisateurs ferment-ils un œil pour que cela se fasse quand même et à qui cela sert-il pour que ce ne soit pas plus efficacement réprimé ? Excusez du peu mais ces comportements sont dignes de l’appellation sans retenue de terrorisme culturel...la théorisation de la culture...une forme de structure totalitaire des loisirs propre au négativisme le plus cru où se retrouvent également les révisionnistes en mal de décibels avec en poche une drôle de religion, la plus terrible de toutes, l’apologie nazie du ralliement à ses rescapés. La société court ainsi de grands dangers grippée qu’elle est par les rouages de son passé inavoué. Là se trouve encore en plus l’échappatoire et la matérialisation de toute l’oppression éducative et religieuse dont fut victime tout un groupe de personnes qui, bien qu’il paraisse étrange se propose à nouveau de faire l’expérience de replacer leur religion dans l’Etat et faire de cette nouvelle (pourtant ici tout ce qu’il y a de plus passéiste) religion une nouvelle forme d’Etat. La tyrannie de l’Etat qu’ils voudraient représenter tant ils la convoitent sous toutes ses formes jusqu’à s’immiscer dans la sphère culturelle des loisirs musicaux leur échappait pourtant. Menace, alerte, moquerie ? Ils connaissent néanmoins tout cela prêt à le ressortir dès que possible, n’ayant que cela à proposer, cette droite extrême qui infiltre le milieu du hard rock.

«Amnésie psychique», résurgences nazies quand même et politisation effrontée de la culture.

Dis-moi quelle musique tu écoutes (je te dirais qui tu es), vers où vont tes prières et je te dirais à quelle vitesse tu vas te prendre le mur.

Une musique paraissant violente qui n’a de violence que pour le spectateur extérieur peut cacher des individus réellement violents et la présence à Rigendorf des néo-nazis témoigne d’une espèce de miliciens du hard rock car sans milices pas de politique, pas d’Etat. La récupération idéologique qui a eu lieu à Rigendorf traduit la transmutation culturelle réalisée par des déviants politiques prêts à toutes les extases sur des musiques rythmées. C’est lourd de conséquences et l’on ne peut s’empêcher d’analyser dans les détails les vecteurs d’identification qui influencent ce genre de comportements.

Processus identitaire. Classification et situation.

Lorsque s’étale dans le fait social non seulement l’émergence consacrée d’une extrême droite revigorée mais surtout des fanatiques insolants qui parachèvent à l’ombre d’une manifestation insignifiante l’adoration d’Hitler on est en devoir de s’interroger sur les politiques des groupes et sur les motivations idéologiques qui l’identifient à du fascisme sans retenue en malaxe dans des mélodies en sous sol (la musique étant le reflet de nos états d’âme) des contre-cultures toujours annonciatrices des avants gardes de demain. Et bien quel bel avenir nous promet la manifestation de Rigendorf ! Ce que la mémoire omet ou accentue lors d’exhibitions similaires à ce qu’a connu Rigendorf le soir là doit s’analyser à partir de la sélection mnémotechnique qu’ont opérés ces acteurs pour s’édifier et se souder derrière une personnalité accordée à l’ensemble du groupe. Même si un individu fait musée avec le nazisme : «C’est un enfant qui se trouve, par un concours inattendu de circonstances, dans une situation qui n’est pas de son âge, et dont la pensée s’ouvre à des sentiments et à des préoccupations d’adultes (p. 91, Mémoire individuelle et mémoire collective) Dans les interactions sociales se définit également le jeu politisé que l’on fait passer à travers les comportements, notamment et spécialement dans les univers de musiques et ceci d’autant plus qu’ils se prétendent indépendants ou engagés avec des accentuations qui dépassent de loin le politiquement correcte. C’est alors que la mémoire devient, selon qu’elle repousse ou épouse les méandres de ses traces, une donnée psychique aveuglante ou du moins embrumée et se transforme comme par enchantement en une meute de fous fascistes qui s’ébattent dans des discours rigoristes et provocateurs propres au passé mais avec lesquels ils prétendent faire du neuf. «Or, il arrive qu’en pareil cas les influences sociales se font plus complexes, parce que plus nombreuses, plus entrecroisées. C’est une des raison pour qu’on les démêle moins bien, et qu’on les distingue plus confusément (p. 91, Halbwachs).» C’est bien là, en dehors des cadres sociaux de la mémoire ou au-delà de ses composites influences qu’on peut comprendre qu’à partir de certaines connaissances sur les processus qui établissent, collectivement ou individuellement, le souvenir du passé. Ainsi, les dérives les plus consternantes - sous couvert de consensus - peuvent être relevées, rassemblées pour être mises en pratique. Mais le corps social, et il le montre sans cesse au travers de ses expressions emplies de xénophobie et de régressions sociétaires, est encore capable de bien pire encore devrait nous enseigner l’histoire. Nous en sommes déjà à refuser le terme de quotas de migrants tandis que d’autres estiment nécessaire qu’il n’y ait plus de migrants du tout. «Ces souvenirs sont donc à “tout le monde” dans cette mesure, et c’est parce que nous pouvons nous appuyer sur la mémoire des autres que nous sommes capables à tout moment, et quand nous le voulons, de nous les rappeler (p. 92).» Chez certains ces souvenirs annuels (et l’on nous cache le reste) sont insoutenables et étonnent par l’aspect douteux des comportements qui s’étalent dans l’édification de fêtes nationales parallèles. On ne cessera plus de s’interroger sur les dysfonctionnements de «l’appareil enregistreur qu’est notre conscience individuelle (p. 95).» Nous nous rendons rapidement compte qu’avec des préceptes inverses qui activent le vécu, des groupes, peut être minoritaires en nombre mais puissants et pleins de pouvoirs puissent s’accaparer les bribes de ce qui les arrange en puisant comme bon leur semble dans l’historiographie pour poursuivre les buts et les fins qui les liaient déjà à l’époque. «Mais c’est là une mémoire empruntée et qui n’est pas la mienne. Dans la pensée nationale, ces événements ont laissé une trace profonde, non seulement parce que les institutions en ont été modifiées mais parce que la tradition en subsiste très vivante dans telle ou telle région du groupe, parti politique, province, classe professionnelle ou même dans telle ou telle famille et chez certains hommes qui en ont connu personnellement les témoins (p. 99, Mémoire collective et mémoire historique).» A la lecture de cette phrase de M. Halbwachs je ne peux m’empêcher de me sentir comme un enfant à qui on mentira toujours qui, «lorsqu’il se mêlera aux conversations sérieuses des adultes, lorsqu’il lira les journaux, il aura le sentiment de découvrir une terre inconnue (p. 110)» où se créera des îles plus ou moins dérangeantes parce qu’il aura grandi sur ces terres inconnues. Et il continue Maurice Halbwachs sans se gêner d’une quelconque interdiction quand à la liberté d’expression lorsqu’il transcrit l’état de l’opinion publique qui traversa l’après 1870 jusqu’à la première guerre mondiale. On y découvre même entre les lignes les moyens utilisés par la survivance de l’antisémitisme qui s’ancrent pour toujours semblerait-il dans notre société parce que cette époque historique a connu Dreyfus - et c’est son affaire à la France, jusqu’à celle de Jean Moulin. Ne dit-il pas qu’à chaque lien ténu qui relie deux époques, le passé y prédétermine bon nombre des comportements. «Mais, pour moi, entre les deux périodes, il n’y a pas de solution de continuité. C’est la même société, transformée sans doute par de nouvelles expériences, allégée peut-être de préoccupations ou préjugés anciens, enrichie d’éléments plus jeunes, adaptée en quelque mesure puisque les circonstances ont changé, mais c’est la même (p. 117).» Par rapport à l’empreinte que le passé laisse au présent de nos mémoires, quelles soient collectivistes ou collectivisées, nous ne pouvons échapper à cette même donnée sociologique qui reproduit les sociétés, les groupes, les parties extrêmes de l’histoire dont on fait si souvent ornement pour s’excuser du présent.Fatidique et impossible incohérence de l’âme humaine

Habermas a montré qu’à n’importe quelle époque, n’importe quel temps historique l’émulation sociale/politique d’un groupe aux plaisanteries et pratiques assimilées à des ancêtres vraiment matérialisés (Hitler, le nazisme, l’extrême droite - de sa genèse à son hégémonie -, du gouffre au couvercle dont les rouages se sont dissimulés dessous) s’étend, de l’enfermement quelle était, au véritable hémisphère du corps social dompté et convoité maintenant par la force maîtrisée. Cette sociale/politique interférence diffère du social/œcuménique quoique l’œcuménique dissimulé sous des formes cachées puisse ressembler à du politique mais cela concerne une autre musique. L’état d’interaction sociale sur lequel se penche Habermas est complètement différent des utilités et représentations de simples poètes «Mad Max» inspirés par une poésie de fin du monde ou d’outre galaxie ; de planètes où coulent le sang sacré et où le feu fait peur, c’est-à-dire que des groupes aux troubles identitaires communs par rapport à leur propre collectif de mémoire - issus pourtant de la même culture (le Hard rock) - en arrivent à parfaitement refléter d’où proviennent leurs attirances vers ce symbolisme qui regroupait leur généalogie d’appartenance, reflet de leur conception sur le patriotique. Le réflexe et la pédagogie du mensonge poussent à faire semblant de ne pas y appartenir alors qu’on a forcément un pied dedans ou à côté. Tout le monde convient qu’au départ personne ne sait où conduisent les prises de mesures autoritaires mais au bout de la route...plus personne n’est là pour se permettre de les comparer à des hégémonies fascistes ou alors qu’on redonne carrément le matériel folklorique saisi à l’époque à leurs parents et à leurs rejetons comme cela, au moins, quant à l’erreur, elle sera moins possible et les signes avant coureurs, moins trompeurs. On aura ainsi, à nouveau, le «militaire» étendu au culte du politique. Une sorte de monde aseptisé de galeries souterraines dans lesquelles ceux qui réussissent ressemblent à de drôles de dompteurs visant des cibles artistiques propices à flatter les idéologies dominantes pour enfin accéder à la prospérité voilée par la désinformation, tout l’art de la guerre en quelque sorte, une antithèse aux espérances de plénitude de la vie humaine. L’égalité et la diffusion des faits réels qui se sont déroulés mais cela pourrait également concerner le fragment temporaire d’un délire musical, qu’ils soient datés et philosophiquement définis, cela n’empêche en rien qu’ils servent à tromper et refléter le passé pour mieux faire passer une forme de mensonge lui-même inscrit dans la composante même qui définie le message (image tronquée d’une fête villageoise à Rigendorf ou de grands-pères communistes pendant la guerre transformés par leur descendance en représentant légitime du Front National, il y a là des extrapolations mensongères destinées à faire cohésion d’un groupe social qu’on ne peut accepter sous peine de voire l’histoire flouée pour que ça recommence de plus belle encore j’imagine). Du moins si ces dérives venaient à s’emboîter on obtiendrait ce qu’on s’était toujours refusé à voir mais il sera trop tard. Comme l’insensé paraît toujours plus reculé, qu’un retour ne peut plus se faire dans les mentalités et quand il a lieu ce retour encore faudrait-il qu’il se fasse dans une bonne connaissance de ce passé qui enseigne également que c’était là une belle époque de prospérité, manière de donner foi à son monde de marionnettes fait de simili qui marquent et renforcent les ascendances. Clairement identarisés par des idiomes d’un passé qu’ils font revivre maintenant à travers leurs enfants par d’excessifs principes qui omettent une réelle reconstitution des comportements parentaux souvent favorables aux démences de l’extermination si enrichissante parce qu’à une certaine époque, un Juif c’était un appartement qui se vidait, une rente foncière supplémentaire, une manière de se faire respecter et de régner en maître dans la délation. La ruine de l’honneur humain sur lequel, plus tard, toute une nation, essentiellement dans sa partie de collaborateurs, se raccrochera à la poignée de résistants estimant alors de leur bon droit d’en faire partie et participer ainsi à l’honneur de la France, sans se salir les mains, avec le mobilier...on leur faisait même croire par la propagande qu’ils pourraient revenir, plus tard, que ce sont des mesures de sécurité. Certains, pour le bien d’une patrie morte partait guerroyer dans des maquis et ont su poser les armes après la guerre tandis que d’autres y sont toujours. Pour la sécurité, ils se transformeraient en terroristes puisqu’ils n’ont jamais signé cette paix, cette armistice et proposent les mêmes lignes directrices dans leur programme que le régime qu’ils prétendent avoir combattu il y a soixante années. L’identique simplification du fonctionnement des rouages bureaucratiques, les différentes catégories de personnels qui de multiples manières font fonctionner l’Etat en protégeant le camp politique d’où provient de fils à petit-fils l’aspect idéologique appelé à exterminer l’opposition qui pourrait mettre à jour leurs implications passéistes et traduirait leur incompétence qui les oblige à adopter des lois terrifiantes notamment à propos du passé. Les mains lavées, «voilà, voilà qu’ça r’commence», sans crise de conscience aucune puisant dans des stratégies multiples et camouflées les mêmes procédés d’attirance à réunions réduites persuadant une poignée pour un pays ! Le fascisme est dans cette tempétueuse propension que possède toujours la droite politique dans ses gammes pour effrayer et semer la terreur afin de mieux conduire le pays, seul préambule à la victoire destinée à satisfaire un côté de la démocratie bien décidé à faire sentir à son opposée (les gauches européennes) sa rancœur et sa soif du pouvoir, sainte suprématie déjouée jusqu’à l’ignoble. Infiltrant maintenant tous les réseaux pour y montrer une gauche «qui ne vaut rien» dont pas mal se retrouvent en prison pour pacotille frappés par le monopoly des institutions en proie à de violents instincts des familles qui - n’allons pas dire qu’il s’inscrit dans les gênes, cela soutiendrait leur thèse - s’inscrivent bien plus dans une survivance d’autres victoires («La France de 42 qui vient finir son travail») ; c’est une véritable épine dorsale aux démocraties européennes ce fascisme.

On aurait pu puiser et constater dans le football et toutes autres traditions les mêmes effusions de fanatisme. Quant à la religion, elle a sa partition d’aveuglement rien que dans la survivance de son règne atemporel et immuable qui se rattache immanquablement aux politiques qu’elle traverse ou rend subalternes et nous voilà immédiatement confrontés à sa phase intégriste sans qui elle ne pourrait survivre prête qu’elle est même à montrer la pointe aiguë de ses ambitions. La politique chez eux est une propre incohérence par rapport aux Écritures qu’ils revendiquent comme étant les fondements de leurs orientations alors qu’en réalité, un individuel social vise à se substituer à un autre comme dans les passages de dictatures à la démocratie avec ses uniformes assimilés à ses composantes. Une vrai terreur de bonnets qui voit la mère patrie devenir et redevenir une instance de redressement, unité pédagogique chatoyée par les caduques leçons qu’elle prétend donner aux yeux réflexifs de son passé.

Habermas ne nous dit pas comment se pondent les Hitler et consorts mais la manière dont la MOBILISATION COLLECTIVE s’édifie nécessite de notre part un dépassement de sa pensée pour traduire les REPRÉSENTATIONS qui conduisent à ces personnages si hideux pour la gloire de nos nations à prétention démocratique. Quelle que soit la société de référence, ils rampent dans le peuple ou sur l’opposition des peuples. L’ethno-égocentrisme des nations toujours capté aux vues de leur propension à enclencher les catastrophes s’affirme de plus en plus sous la pression de la concurrence économique, fer de lance de la suprématie, salutation à l’histoire. Puis la suprématie se puise et s’épuise à sans cesse vouloir se renouveler et le travail de Habermas rentre inlassablement dans la mécanique du matériau historique pris dans un souci quasi permanent de sauvegarder le politique. À partir d’un tableau, d’une musique d’une promenade se cachent les Tsars, les Chancelleries et les pierres de nos églises. Au sommet de son art, il contourne les vrais problèmes en les gardants sous-jacents puisque quand même prisonniers de l’idéologisante mélopée qu’ils diffusent pour finalement ne pas nous faire oublier que selon qu’on regarde passer un nuage, trembler une plante au vent, un soleil bourgeois se lever ou se coucher ; la face du monde peut en être radicalement et fondamentalement modifiée. L’histoire en est la preuve, dans ses constances de colonisation et de prospérité économique (tout cela a un prix à ce qu’ils prétendent) mais aussi au travers de ses sombres musiques de tous les temps, l’émotion est identique quelqu’en soit le genre et la thématique abordée.Quand l’économique, le politique et l’histoire nous ramène à la musique...

Nous avons observé au cours d’une analyse sommaire les thèmes usuels empruntés généralement par les groupes de hard rock. Ceux-ci peuvent prêter à confusion. Poétiquement, identitairement et culturellement macérés au cours de temps historiques aléatoires parfois des plus reculés (cf. Les décors moyenâgeux qui décorent les nombreuses pochettes d’albums et le glaive gothique symbolisant des personnages outretombesques mais pas obligatoirement grotesques). Les terrains qu’explorent alors parfois les dérives et les glissements de sens, prononcés ou suggérés en idéologies, flagellent des adolescences en péril et sèment la confusion quant à la fonction culturelle que devrait remplir, humainement, toutes sortes de musiques.

Si la pente que suivent certains jeunes à l’heure actuelle les conduit jusqu’à ne trouver pour seule et unique emblème de leur humour de «sortie du samedi soir» le suppôt nazi, que ce soit par mégarde ou par crise d’identification pour porter le mal au sein d’une appartenance musicale qui en ses fondements n’en veut à personne si ce n’est qu’à lui-même de trop ou pas assez «lire le ciel», c’est qu’ils visent simplement à utiliser un terrain propice pour porter un coup de pub supplémentaire aux quinze années que nous avons vécues subissant leurs pieds qui piétinaient d’impatience, le crâne rasé au plus près de leurs idoles. Toujours est-il qu’au sortir de ce «fait divers» on perçoit néanmoins avec quelle virulence la matérialisation de certaines survivances idéologiques néfastes pour le corps social peuvent déteindre d’une manière incontestable sur un loisir musical aussi insignifiant que devrait l’être le hard rock. Profondément ancré dans des pratiques normalement anodines qui traduisent quand même certaines attirances pour des visions qui pourraient prêter à discussion tout en soulevant une question pédagogique dans les transmissions générationnelles - puisqu’aux yeux du temps et du personnage hideux utilisé, l’éducation doit être ici sévèrement remise en cause -, le nazisme s’affiche le temps d’un week-end et semble vouloir survivre envers et contre tous aussi bien dans les mœurs qu’au niveau des réseaux économiques qui les diffusent et à l’aide desquels il n’hésite pas à s’infiltrer, un peu comme un Ben Laden qui infiltrerait l’économie internationale... C’est que quand même il a du se passer quelque chose dans ces crânes ? Est-ce une politique socioculturelle de l’extrême droite qui met cela en place ? Un manque de vigilance, une simple prise à la légère d’un phénomène qu’on croit toujours isolé alors qu’ils n’ont même pas besoin de se cacher tellement ils sont encouragés et surprotégés par un encadrement hors du commun qui couronne ainsi l’ensemble de ce genre d’engagement. Certaines incompétences des pouvoirs publics à mettre un frein et à émettre une position ferme et irréversible par rapport à ses propres courants nationalistes d’où émergent ces rejetons permettent et encouragent, par dessus tout, la réalisation de ces basses revendications. Il faudra attendre que l’histoire de l’enquête cette fois fasse son chemin. Si l’interdit, car ce genre de prouesses est parfaitement interdit mais pas assez sévèrement réprimé, déferle dans le pays ou chez nos voisins frères c’est bien qu’une organisation secrète et peut-être civilement déjà paramilitaire agit en leur nom, certainement pour le bien et la défense de l’État je présume. Parce que finalement, tout compte fait alors, ce n’est pas si mal l’extrême droite voudrait-on nous faire croire une fois camouflée la laideur et l’ignoble hypocrisie qui la rendront toujours aussi faible. Prêchi-prêcha, sous couvert de plus ou moins de chichis et de paillettes, la Nation dérépublicanisée est en effervescence dans l’hyperbole autoritaire et restrictive à laquelle elle se voue désormais. C’est profondément attristant de les voire y croire réellement - et il semblerait même qu’une certaine ferveur s’en mêle - que le national/fascisme est le seul et unique point d’attache qui fait droitement fonctionner la multi/technologie jusqu’au hard rock qui lui, dans ses fondements, n’a jamais énoncé de telles hypothèses. Mais le public est libre et sait faire preuve de couardise. Démocratiquement autorisé à tyranniser les masses par des coups médiatiques, en musique s’il vous plaît. Là où ils règnent déjà on ne risque pas de les voire puisqu’ils deviennent la force de la patrie. Là où une résistance semble troublante et contraire à leur pouvoir de terroristes culturels et d’auto persuasion, la remise en question de l’image qu’on peut se faire du passé laisse transparaître quelque chose d’immuable sur quoi repose encore des pans entiers de «populace» jeune et plus âgée de ces pays qui, il y a plus de soixante ans, espéraient dominer, dompter et assujettir l’Europe. C’était le programme nazi d’à l’époque, ils en ont des plus sophistiqués aujourd’hui ( ? ?). On ne sait quelle réponse des autorités qui s’orientent de plus en plus vers cette tendance pourront bien donner à leurs excuses quant aux motifs qui mobilisèrent ce rattachement historique au goût amère. D’anodins troubles fêtes, qui plus est, jeunes perpétuent cela ? Pas uniquement... Ces pratiques totalitaires outrepassent de loin la simple représentation excessive que le rock, en général, pourrait véhiculer alors que, au départ, c’est cette innocence là, mélodique et sans politique, qui se fera traîner en accusation avalant le mépris à leur place alors qu’ils sont sans idéologie et qu’ils cherchent uniquement à comprendre le ciel, le bien, le mal. Ils écoutent la musique et se laissent pousser les cheveux tandis que d’autres y fourguent le néo-nazisme. La manipulation est un phénomène des organisations, le vrai public ne peut en être victime car il sait garder la distance. Entre les enjeux et les stratégies se perçoivent les stigmates historiques des meurtrissures sociales, les rouages totalitaires qui soudent les politiques de l’extrême entre elles à travers les frontières qui pour eux n’existent pas pour cela. Au creux d’un fait pourtant insignifiant et risible dans sa pire des considérations se trace aussi la conception futuriste et grotesque d’un groupuscule qui, s’il a déjà fait basculer la majorité politique de pas mal de pays au fond du gouffre démocratique, ne compte pas s’arrêter à si peu et rêve en profondeur de faire basculer l’Europe entière dans des parades et des manifestations d’où finalement, historiquement, on perçoit malgré tout la provenance et la résurgence même du fond d’un local de «boom» hard ! Voyez là l’effondrement infantile de nos années primitives d’une Europe si grande qu’elle a du commencer il y a bien longtemps, dans du dégénéré, en l’idiotie culturelle poussée par son extrême.Prudence et nuance du phénomène.

Il ne faut pas confondre au sein d’un même mouvement des individus qui développent entre eux des formes de domination différentes. D’un côté, chevelus jusqu’aux enfers ils s’interrogent sur les mystères de l’au-delà, tout ça bien en enfer ; tandis qu’une partie fragmentaire se laisse aller à sortir des babioles nazies dans l’espoir de fêter, de marquer le coup, de donner une forme symbolique à leur rassemblement. Ils sont dominés chacun à leur manière par des questionnements forts différents selon qu’on cherche à traduire leurs attitudes selon une mesure préventive du totalitarisme ou selon qu’on cherche à fermement le rétablir en bonne connaissance des pratiques et des coutumes qu’ils en ont de ce passé auquel ils auront autant participé que leurs aïeux au point d’en fêter l’anniversaire de son crapuleux représentant.

À partir de deux exemples différents pourtant empruntés à une musique sensiblement identique bien qu’ils en soient déjà à se faire presque la «guerre» entre eux, on constate la déversante récupération d’une extrême droite re-nazifiée comme jamais dans ses mentalités opposée à un trouble spirituel qui cherche son réconfort dans des bandes dessinées métalloïdes ou porte sa menace dans des identifications tyranniques à des démons vengeurs et de la purée de sang. Si certains sont quasiment d’excellents visionnaires en proie à d’incompréhensibles peurs, d’autres s’y perdent par l’imagerie et la pensée croix gammée que leurs ascendants leurs ont pilonnées dans le cerveau à coups de gifles et autres corrections en marque à l’utilisation des bonnes méthodes qu’une fois devenus grands ils finissent par accepter, vous voyez bien. La disparition de ce passé les conduirait à d’incontrôlables convulsions.

Un côté fait preuve d’une pensée poétique gothique rudimentaire ou plus ou moins élaborée tandis que l’extrême, par un judicieux emprunt, voudrait se faire voire comme étant le reflet des restes de l’empire d’avant, avec médaillon du personnage sur le gâteau d’anniversaire décoré par les bougies de leurs parents ou grands parents ou autre genre d’«agents orienteurs» qui les ont laissés macérer dans la survivance de telles pratiques. Et quand le nazi court les bois, le mot de l’économie n’est pas loin. Qu’on l’appelle Lebensräum ou pétrole, atome ou molécule, génome ou foi, collabos ou chefs de guerre toujours en activité, ses mêmes acteurs n’agissent pas par inconscience mais œuvrent vers des buts clairement définis. La structure et ses rouages opèrent dans les mêmes circuits de propagande ou de diffusion culturelle (la parcelle minimalisée et insignifiante du hard rock en ce qui nous concerne). Les outils utilisés n’en sont que mieux développés de nos jours pour parvenir d’une manière plus ou moins «light» à l’assujettissement des individus. Partout la propagande politique donne du clairon pour rappeler des mots qu’un pays croyait oubliés (-er). République et démocratie sont rabattues comme si ça n’existait pas ou comme si ça allait disparaître définitivement de nos horizons nationaux mais après tout n’est-ce peut être qu’une autre partie de pays qui serait en naissance derrière elles. L’État despotique se développe alors qu’il se chante depuis longtemps et que certains le fête comme des nostalgiques jusqu’au revers de sa médaille comme de nouveaux prédateurs cherchant un créneau dans la gloutonnerie économique du moment. C’était un samedi soir dans une bourgade commune et certains y fêtaient le Dictateur. Ce n’était pas du cinéma, juste des gens en manque d’images perdues dans ce même «univers sans images» dans lequel déambulait Heidegger. Le soi, avec de telles images en sur représentation, ce n’est pas être soi. C’est n’être rien si ce n’est le reflet d’une certaine conception parentale de collusions idéologiques qui remontent à une lointaine époque sur lequel une jeunesse fringante se destine à battre la semelle avec un héros en effigie d’une bêtise qui traverse et se transmet de générations en générations sans que réellement une véritable information ne puisse s’effectuer sur la question. Ils rient du jeu électoral qui propulsa Hitler au pouvoir et tirent les leçons et les avantages des programmes extrêmes pour en revendiquer la substance idéologique. Dans une finitude de la sécurité portée aux nues on accentue la nécessité d’une xénophobie tout en globalisant le besoin impérieux qu’il y aura toujours à faire régner l’ordre comme si une France passive avait sommeillé en arrière plan, brûlante d’impatience de s’en retourner à ses vieilles pratiques.

*

Les textes utilisés dans cette étude peuvent dénoter un caractère spirituel, métaphysique et ascétique mais pas satanique car les expressions rencontrées comme «nouveaux dieux», «monde des démons» expriment le désir d’une société sans religions, la volonté de diriger soi-même sa conduite spirituelle, une fois sorti du catéchisme et pour cela il faut identifier les rapports étatiques qui désirent, eux également, établir des rigidités comportementales vis-à-vis de ses religions ou de sa religion. Sur la globalité des scènes de «hard rock» nul endoctrinement, ni propagande n’offusquent la bonne marche des églises. «En ce sens, la musique naît avec la fixation de rapports de tonalité expérimentés dans des activités tournées vers l’extase ou l’exorcisme.» nous rappelle Pierre Bouretz dans Les promesses du monde, Philosophie de Max Weber (p. 150) pour que dans nos analyses nous puissions être ferme et ne pas transposer le type d’idéologisation déviationniste promulguée à Rigendorf dans un but propagandiste et nous sauvegarder des fanatismes outrecuidants que sans cesse nous rappellent à l’ordre les dérives néo-nazis parce qu’en matière de sacralité cette intervention est condamnable. On les retrouve à la fête de la jeunesse de l’extrême droite (tiens, cela existe-t-il encore ?) parisienne où toutes droites confondues se réunissent en une même extrême pour gouverner alors qu’on nous assure que le maximum est fait pour les contrôler alors qu’ils épouvantent depuis une bonne vingtaine d’années. «Cette dernière en revanche est à tout le moins indifférente du point de vue religieux, sinon même dévalorisée, revoyée vers l’accidentel et un registre étranger au problème de sens (Bouretz, p.151).» c’est pour le moins ce qui est souhaitable mais l’incursion et l’utilisation d’un type de musique par des obédiences politiques de plus en plus légitimées alors qu’elles ne devraient pas l’être révèlent de dangereuses récupérations d’étiquettes qu’ils transforment en politiques actives, sataniques, diaboliques et agencées par des nostalgiques nazis alors qu’au cours de mon analyse sur un type de musique dont la poésie est plutôt révélatrice d’une volonté de connaître et de comprendre par une musique énergique les dysfonctionnements planétaires et humains. Pierre Bouretz nous rappelle  à travers Économie et société (p. 610), pour lier l’aspect spirituel, poétique et doctrinaire  que ces nouvelles formes de spiritualité contestent que «plus la religion devint religion du livre et doctrine, plus elle devint “littéraire” et partant plus elle eut pour effet de provoquer une pensée laïque, rationnelle et indépendante des prêtres.» 

Nous aurions donc des nouveaux prêtres défanatisés, des gourous de l’exploration mystique. Tiens, mais notre église en soutient gros lots au travers des si nombreuses sectes qu’elle laisse se développer, certainement par nécessité de laïcité je suppose ? «Avec pour horizon la dilution des formes communautaires de l’éthique fraternelle portée par les religions de salut et leur remplacement par les impératifs laïcisés d’une responsabilité interpersonnelle. À long terme, ces [...] perspectives font signe vers l’émergence de l’individualisme moderne. Un individualisme installé sur la capacité d’interprétation du sens du monde par des sujets autonomes et décliné aux différents plans de l’accumulation des richesses, de l’action politique, de la création esthétique ou de l’érotisme (p. 155).» Il y a là des pistes de recherches pour tenter de saisir de quelle manière les états politiques dits démocratiques parviennent par le politique à agencer ces clivages civiques dans l’évolution et l’épanouissement d’un individu social autrement qu’en considérant les adultes qu’il doit servir pour des enfants à éduquer si ils ne sont pas du même bord politique, qui devraient apprendre à prier alors que cela fait 20 ou 30 ans qu’ils ont quitté le catéchisme et que leur paroisse ils la maudissent pour cause d’intégrisme. On imagine l’excès du religieux et les catastrophes qu’il nous ferait encourir. «[car] L’effort des religions de salut pour produire une éthique méthodique des conduites dans le monde débouche sur une attitude méthodique de refus du monde (p. 156)» précise encore Pierre Bouretz lorsqu’il aborde La fuite hors d’un monde irrationnel et à Max Weber de rajouter en virtuose «la méthode de salut signifie toujours, en pratique, un dépassement des désirs ou des états affectifs particuliers de la nature humaine brute, non façonnée par la religion.»

Rigendorf pourrait avoir été une simple fête de rock, «hard» ou pas cela regarde les esthètes mais devient une RÉCUPÉRATION de l’extrême droite munie de ses plus forts apparats de néfastes endoctrinements parce que des «cadres», organisateurs ou pas, fomentent tout cela. Si ces cadres existent et agissent au plus près de la jeunesse et de ses musiques c’est que des «cadres sociaux» y prédisposent et si ce genre de comportements servent une droite réunie en une seule par sa même extrême, nous courrons de grands dangers. Nous assistons réellement «à un registre d’opposition systématique entre l’univers éthique des impératifs religieux et les réalités du monde. Fussent-elles celles des vertus et des devoirs attachés aux liens familiaux ou sociaux, ces réalités sont au mieux vaines, au pire synonymes d’illusions qui entraînent le croyant sur le chemin d’une fausse conscience(p 160) Si Pierre Bouretz insiste sur les liens familiaux qui conduisent à l’endoctrinement idéologique, c’est bien que les croix gammées à chaque fois brandies proviennent de quelque part, sont léguées, issues d’une transmission entre deux frontières... Là commence le projet droitier d’une Europe tout au moins musicale. Et de conclure au même Bouretz, par une question philosophique ou pas cela relève de combats sociaux où le pire resurgit pas de n’importe où. «Plus le besoin religieux est intense, plus le “monde”devient un problème (p. 145).»

Je verrai dans les manifestations hard rock plus une manière de conjurer son sort de petit humain travailleur qui transpire dans l’au-delà plutôt qu’un terrain propice à des effervescences fascistes, à moins que des meneurs y conduisent. «Mais la série de ces conflits invite aussi à remonter jusqu’à l’éventualité d’une opposition de principe entre les injonctions religieuses et la présence au monde saisie dans les catégories de compromission avec des puissances néfastes (p. 143) Et à Pierre Bouretz de nous remettre en face d’un intégrisme religieux purement catholique ou autre (les Marocains ont enfermé pour avoir écouter du hard rock) qui se proposerait de définitivement supprimer les musiques qui font «mal aux oreilles» alors que libre à eux de se contenter de l’interdire à leurs enfants. Oui mais ils grandissent, parfois trop vite, et puis si on leurs collent encore les affiches à chaque poteau, vous comprenez notre rigide cohésion dans l’intolérance ne fonctionnerai plus. Alors que la «rationalisation des représentations religieuses du monde» devrait nous rapprocher du divin, et le hard rock y parvient quand il n’est pas «nazifié», elle devient la «doctrine la plus étrangère à l’univers magique, [...] la plus rationnelle en ce sens qui structure toute la lecture du processus de désenchantement du monde (p. 139). » Pierre Bouretz ne doit pas nous aider à légitimer des pratiques qui étonnent mais peut nous conduire à cingler les amalgames tout en faisant preuve de tolérance. À la page cent vingt Pierre Bouretz s’interroge, l’actualité répondra pour lui. «Comment les organisations religieuses voient-elles leur naissance et leur destin liés à des associations politiques ? » Quand on touche «à l’ordre intime de la conscience» Walter Benjamin ne nous répondait-il pas que «la technique a trahi l’humanité et a transformé la couche nuptiale en bain de sang» en prévision au Sens unique.

Bien entendu le masque cinglant de tout cela, c’est qu’on ne retrouve pas qu’aux travers des musiques de «hard rock» un tel déviationnisme et des êtres sans musiques se noient dans l’alcool ou la drogue par le même voile qui est fait à leur isolement. Alors ils vous dirons qu’il est préférable d’animer la babiole nazie plutôt que de sombrer mais les revanchards ne sont pas à cela près qu’ils préfèrent laisser couler le société plutôt que de perdre leurs idéologies et surtout les deux en même temps pour que l’ivresse de la fête soit totale puissamment ancrés qu’ils sont dans une tradition qui leur enseignât que les méthodes de leurs reliques maintiennent l’ordre et la sécurité et conduisent aux pouvoir, à la survie et au «gegen kaos» alors que c’est tout l’inverse qui se reproduit. Salut, je constate que c’est toujours Mozart qu’on assassine ! Au prix de nouvelles éthiques alors que nous n’avons même pas encore saisi les plus fondamentales et qu’une droite auto tamponneuse, à chaque fois qu’elle gouverne, façonne et tiraille le corps, l’ensemble social, à son image dans l’espoir, espérons le illusoire, de ne plus jamais avoir à trembler à chaque élection qui pourrait la faire vaciller du pouvoir. Éviction, surveillance de magistrats privés d’autonomie, tout doit respirer pour la droite et se laisser porter dans ses vents !

«Afin de couvrir la (leur) voix

Qui vide mon âme»

Charles Aznavour

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