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23 Sep

UNE ÉLECTION POUR RIEN…

Publié par laurentgantner  - Catégories :  #Politique

 

 

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La désormais classique répartition politique allemande...

Quand l'Allemagne vote, c'est l'Europe entière qui tremble !

 

Depuis sa réunification et la chute du mur qui l'a causée, on se doutait un peu avec quelle force ce pays allait rejeter toute idée de gauche au point d'atteindre aujourd'hui dans les sondages, à la veille de ce week-end électoral, un écart non moins énorme de 14 % entre la Chancelière sortante et son rival Peer Steinbrück qui ne se prive pas de brandir un doigt d'honneur dans la presse d'outre-Rhin comme pour marquer l'impossibilité de remonter un tel écart... Les Libéraux-conservateurs continuent d'avoir le vent en poupe chez nos voisins allemands pendant que les sociaux-démocrates font les frais d'une telle réussite en continuant de perdre du terrain depuis l'apparition de Die Linke dont ils ont toujours autant de mal à se remettre.

 

Seule certitude à venir, au soir du dépouillement du scrutin de ces Législatives, c'est qu'il n'y aura pas de vainqueur mais un simple étalonnage des coalitions parlementaires possibles ultérieurement pour gouverner une Allemagne devenue le moteur économique européen à tel point qu'un tremblement de feuille au Bundestag risquerait d'entrainer des vagues de licenciements incontrôlées sur tout le continent ainsi que la multiplication des jobs à un euro ou des postes à plein-temps à pas moins de 600€ (! ?) À peine épuisée, la main d'oeuvre sacrifiée pour une première place industrielle sacralisant l'unification des deux Allemagnes ne se cache pas que pour l'ancienne, celle de l'Est, la situation ne s'est guère améliorée. A preuve du contraire la disparité des salaires et les déséquilibres sur les retraites entre l'ex-Est et l'Ouest ne s'estompent pas et si certains biens de consommation - et encore faut-il pouvoir se les payer - sont devenus accessibles, certaines mises à disposition de biens culturels (piscines, cinéma, bibliothèques, musées, crèches, écoles) sont devenues, quant à elles, également payantes faisant ainsi disparaître toute une gratuité culturelle qui n'existe plus aujourd'hui… Si une chose paraît maintenant certaine pour l'avenir des tenants et des leaders de cette première place industrielle qui trinquent en choeur sur la pauvreté au son de « Krupstall Hue ! », c'est bien qu'ils n'ont pas l'intention de partager un seul iota de leur leadership avec leurs partenaires économiques et pays frères.

 

Adulée et autoritaire, les libéraux vantent les mérites d'Angela Merkel et se plaisent à citer son modèle économique comme une sorte d'exemple, occultant la crise qui sévit également dans ce pays mais qui serait mieux cachée par la distribution de postes à 1/2 salaires. Les lois subordonnées à la précarité ne cessent de s'égrainer dans des réformes Hartz IV modifiant le marché du travail qui, si elles inspirent toute l'Europe depuis dix bonnes années, montrent aussi, inversement, où ça mène… Une eau saumâtre en quelque sorte alors la politique de Merkel à tel point que certains n'hésitent pas à la surnommer « la dame d'acier »*… Après la dame de fer des années Thatcher en Grande-Bretagne, pourquoi pas une pouf de chrome en Germanie ! Et le chrome de l'économie allemande c'est sa rigueur et son histoire… Mais quand on gratte un peu le chrome, apparaît alors très vite la rouille même si pas le temps de faire du social ou de financer l'assistanat… En attendant, l'économie allemande est devant ! Oui… mais bougnat !… Être devant, quand tout le monde se casse la gueule, ça n'a jamais vraiment servi personne ! Dame d'acier ou « tsarine décriée »** lui font donc deux poids deux mesures et ceci, n'en déplaise au troisième mandat en jeu pour Madame Merkel. Passée sur le tapis rouge d'une campagne électorale basée sur la réussite économique, Angela Merkel n'a donc aucun problème pour renouveler une mandature que personne ne semble plus pouvoir lui arracher… 42% pour sa CDU affichés aux compteurs tandis que l'opposition du SPD n'empoche qu'à peine 26% des suffrages, bien en-dessous de la barre des 30% qu'il souhaitait franchir… Pas même 5% pour le FDP qui poursuit sa dégringolade avec qui pourtant, Angela Merkel aurait tant aimé gouverner, mais qui se retrouve un peu le dindon de la farce puisqu'il se voit dans l'obligation de quitter le Bundestag pour la première fois depuis l'après-guerre, perdant son statut d'allié libéral à la CDU / CSU. Allemagne « unie » politiquement alors avec une cohabitation CDU-CSU / SPD ou une coalition de simple majorité avec les écologistes ce qui n'a pourtant pas empêcher l'Allemagne de prendre des décisions effectives en matière de nucléaire en dépit du fait qu'on ne peut pas dire que la hausse de l'utilisation du charbon suive vraiment la ligne d'un schéma environnemental digne de ce nom. Dans ces conditions, il faut à nouveau envisager pour le parti de Merkel une autre coalition plus étendue que celle déjà pratiquée avec les Verts précédemment ou vraiment envisager à nouveau une cohabitation réelle avec les sociaux-démocrates du SPD qui pourtant semblent refuser le renouvellement d'une telle proposition alors qu'elle pourrait être une solution à la poursuite de nouvelles expériences politiques si celui-ci était disposé à s'y confronter à nouveau comme dans le premier mandat de Mme Merkel. Pour vivre politiquement, probablement que le SPD ne devrait pas bouder une seconde fois une éventuelle « offre » émanant de la Chancellerie… Pas sûre qu'une telle demande lui soit refaite suite à un premier désistement il y a quatre ans, préférant laisser aux écologistes la lourde tâche d'endurer les humeurs européennes de la Chancelière. À un, deux ou trois sièges de Députés près (il en faut 304 sur les 606), la CDU / CSU n'arrache malheureusement pour elle la majorité absolue tant espérée ce qui traduit quand même pour elle une certaine fébrilité en terme de majorité politique. Le parti fanfaron prônant la dislocation de l'euro atteint lui, gracieusement, les 4,9%, manquant d'un cheveu son entrée au Bundestag qui quémande un minimum de 5% de la répartition des suffrages pour siéger (!)

 

Angela Merkel et l'austérité remportent donc ces élections et la place comme la troisième personnalité atteignant la Chancellerie pour y rester trois fois de suite derrière Konrad Adenauer et Helmut Kohl… Il est à prévoir qu'en de telles circonstances, la critique et l'opposition n'auront guère droit à la parole à moins que des brèches ne s'élargissent au fil des quatre années à venir et parviennent à mettre à jour les ravages de la crise du capitalisme… même (surtout) en Allemagne ! Et si demain les droites françaises se vantent, pour la boutade, du fait que cela fait bien 10 ans que l'Allemagne a dit « ciao !… la gauche » maintenant, ni l'Allemagne, ni la droite française ne sont au bout de leurs peines.    

 

 

*http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20130919.OBS7756/elections-en-allemagne-merkel-la-dame-d-acier.html

**http://fr.news.yahoo.com/angela-merkel-reine-allemagne-tsarine-décriée-europe-093246773.html

 

 

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