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23 Nov

La conférence concernant l'utilisation du nucléaire iranien à Genève :

Publié par laurentgantner  - Catégories :  #Relations internationales - Diplomatie

L'ouverture d'une grande aventure commerciale !

 

 

Embourbées depuis une bonne dizaine d'années, la reprise des relations diplomatiques entre les cinq grandes puissances plus une (Etats-Unis, John Kerry ; Royaume-Uni, William Hague ; France, Laurent Fabius ; Russie, Sergueï Lavrov ; Chine, Wang Yi + Allemagne, Guido Westerwelle) s'ouvre sur une reprise du dialogue avec Téhéran depuis l'amorce, l'été dernier, du changement de régime politique suite à l'élection du modéré Hassan Rohani qui succède à l'inflexible pouvoir de Mahmoud Ahmadinejad. Quand même considéré comme une menace pour ses trois sites d'exploitation nucléaire d'Arak, Natanz et Fordo dans le collimateur des observateurs de l'AIEA ; l'Iran ne compte pas abandonner ses programmes d'enrichissement (un minerai livré avec un taux d'enrichissement de 20% pourrait, après traitement, facilement sortir avec un taux de 90% et conduire ainsi à la possibilité de l'arme atomique) ce qui ne rendent pas aisés le pourparlers engagés à Genève pour parvenir à la signature commune d'un accord qui prévoit une période d'essai de 6 mois, reconductible, avant d'envisager d'établir un accord définitif. Pas étonnant non plus que la précédente ouverture du dialogue se soit soldée par un échec renvoyant l'Iran à son obstination de rester persuadé qu'Israël serait un État amené à disparaître et son entêtement à poursuivre ses programmes de recherche militaire liés à l'utilisation nucléaire de l'armement. Cette semaine, la situation semblerait avoir évolué mais très peu d'informations ne filtrent au sujet des points d'achoppements ou d'entente, des divergences ou des rapprochements pouvant déboucher sur des accords unanimes ou renvoyer une nouvelle fois dos-à-dos les signataires.  

 

Si malheureusement, à aucun moment, à Genève, ne fut abordée, enfin le sait-on, la brulante et brutale question du marché mondial de l'uranium, la manière dont un pays visé, l'Iran notamment ici, s'approvisionne en uranium et l'utilisation plus ou moins civile qu'il veut en faire ; surgit alors, hélas à l'esprit, que c'est pourtant bien là que pourrait se situer ce que cache ce haut sommet avec l'Iran à Genève : une sorte de panoptique commercial sur une matière devenue or avec l'échelle des possibilités d'ouverture de marchés qu'offrirait l'opportunité d'inclure ce pays dans un schéma commercial. Ils ont préféré se cantonner à rappeler que depuis le gel des relations diplomatiques avec l'Iran, suivi de sanctions économiques importantes, ce pays ne perd pas moins de 5 milliards de dollars par mois et que 100 milliards d'avoirs iraniens provenant de ses revenus sur le pétrole sont actuellement bloqués dans différentes banques à travers le monde… Cachées derrière ce miroir, les six grandes puissances appellent l'Iran, pour que soit levées les sanctions internationales qui mettent un frein à son économie, à ne pas dépasser les 20% d'enrichissement de l'uranium utilisé, de diminuer ainsi son stock d'uranium et de stopper dans la foulée la construction de son réacteur à plutonium (alternative à l'uranium hautement enrichi pouvant conduire à la construction d'une bombe) d'Arak dont la mise en fonctionnement est prévue courant 2014. Atout supplémentaire des six grandes puissance dans ces négociations sur l'utilisation du nucléaire iranien réside dans le fait que si Hassan Rohani n'obtient pas d'avancée à l'issue des réunions, le Guide Suprême iranien Ali Kahmenei, fermement opposé à toutes négociations des programmes iraniens portant sur l'utilisation du nucléaire considérées comme la possibilité d'un retour en arrière pour lui, risque de lui en tenir rigueur ce qui n'est pas sans créer de vives tensions ente le pouvoir spirituel iranien et sa diplomatie. Reste à l'abris des divergences, un processus de négociation remis en route qui va s'étaler dans le temps et nourrir la reprise du dialogue avec l'Iran ce qui n'était pas vraiment habituel ces dernières années. Avec en toute honnêteté, au palmarès de la diplomate en chef de l'Union européenne Catherine Ashton ; d'être parvenue a ramener à la table des négociations les six grandes puissances mondiales et le Ministre des affaires étrangères iranien Mohammad Javad Zarif pour tracer les lignes conductrices à suivre, sans quoi la menace d'une intervention militaire éventuelle ne peut s'éloigner, ni la levée de l'embargo économique être promulguée.  

 

Sous couvert de hauts sommets des ministres des Affaires étrangères se ballade ainsi l'atome d'uranium bien cadré entre un open case for yellowcake et le jeu biaisé de l'offre et de la demande. À l'ombre de cet espace diplomatique se pavanent les VRP du bénéfice national, les ventes de matériel militaire et le circuit « intégriste » de marchands d'armée de l'extrême-droite capables de commercialiser n'importe quelle arme pour faire parler l'uniforme ! Alors pourquoi privilégier avec autant d'insistance le fait que l'Ue ouvre son oreille à l'Iran, organise des conférences en vues d'accords en Suisse si ce n'est pour finalement pouvoir vendre à prix d'or le précieux métal ? ! Pour que Hassan Rohani ne risque pas la pendaison si il revient bredouille de Genève à son arrivée sur le sol iranien, ne doit-il pas aussi livrer, sans mensonges, tous ses circuits commerciaux de l'atome d'uranium avancés comme étant d'une meilleure utilisation civile et susceptible d'aller vers une économie des déchets causés alors qu'en fait, tout cela n'est finalement qu'un tremplin aménagé permettant d'aboutir à la construction d'une arme nucléaire iranienne ? Car pour nous, citoyens de n'importe quel territoire européen, américain ou asiatique, c'est quand même de savoir qui fournit qui en uranium militaire prélevé sur nos impôts ?… Et l'Iran, peut-être, d'être venu à Genève pour montrer au monde un marché des matières premières nobles sur lequel il s'approvisionne mais qui risque peut-être de le pousser à la faute que lui tend le piège de l'exploitation militaire d'un produit avant tout destiné à une utilisation civile. En définitif, il serait quand même un peu incongru et malveillant de demander aux iraniens d'abandonner leurs programmes liés à une utilisation militaire du nucléaire sans se pencher sur la marché et la revente, après traitement de ce minerai, dans un cadre commercial privé entre une Nation capable de fournir / produire cette matière et un pays islamiste qui pour sa sécurité est en droit d'estimer que l'arme nucléaire lui est nécessaire. Autrement dit, les accords de Genève consistent-ils à conduire l'Iran vers un équilibre commercial et son intégration dans la Communauté internationale ou bien visent-ils, tout simplement, à le mener par diverses manipulations, vers la piste d'une possible intervention militaire occidentale ; de se comporter en simple commerçant ou en vulgaire trafiquant lorsque quelqu'un chercherait à l'approvisionner en uranium sachant pertinemment qu'il pourra en fabriquer son propre plutonium ? Des accords genevois ?… Se poindre rien de vraiment nouveau… Si ! Ce n'est pas forcément une Europe compressée par une volonté à fourguer de l'uranium tous azimuts pour combler son vide bancaire qui coordonne entre Américains et Iraniens les négociations, quitte à offusquer les directives de son plus fidèle allié américain de qui elle espère en douce, bien plus poursuivre la politique d'un Bush que celles amorcées par Barak Obama, François Hollande et Angela Merkel qui exigent, de leur côté, une clarification effective des positions commerciales relatives au marché du minerai d'uranium susceptible d'activer les germes d'éventuels programmes militaires issus de puissances émergentes. Qui achète à qui et qui achète quoi serait facile si tout le monde déclarait ses flux de matières ! Mais c'est un peu plus compliqué. Dès lors que la transaction de certaines matières - et à juste titre, le nucléaire me semble en être une - passe dans le domaine secret de relations commerciales encore plus secrètes entre certains États, la traçabilité en devient tout de suite plus problématique… Certains États ?… Ou bien simplement - mais pas forcément avec la meilleure efficacité à long terme et humainement parlant -, la petite partie de l'extrême-droite des armées qui les représentent ?… Quand des volontés orientées vers la clarification se heurtent aux exigences commerciales… Le pouvoir spirituel, depuis ses légendaires guerres de religion, toujours orienté vers la guerre et l'affrontement culturel qui toujours fait ployer les meilleures des diplomaties rationnelles engagées, tant du côté de l'humanisme et de la fraternité que dans l'échange des connaissances, plutôt que d'en préférer les secteurs de l'espionnage et de la piraterie… Et dire que nous prions pour leur envoyer les meilleurs de nos missiles !… Foutre dieu !… La puissance leur est montée à la tête de leur folie guerrière !… Et des curés bénissent tout ça ?… S'agirait-il alors plus d'une coercition d'intégristes militaro-industrial / spiritual qui ferait commerce de dangereuses technologies sur le dos de leurs esclaves travailleurs qui  fournissent, plus ou moins inconsciemment, tout impôt dû, la marge de manoeuvre ouvrant à de telles possibilités d'utilisation de la masse épargnante dans les finances d'un État consacré corps et âme à l'exploitation outrancière du nucléaire de quelque forme qu'il soit dans le but de faire fructifier son capital ; que d'une assemblée voulant sécuriser le monde sur des principes de paix ?

 

 

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